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Faut-il donner de l’argent à ceux qui font la manche ?

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Jésus est peut-être la réponse à cette question.

Ce matin, j’ai rencontré un homme qui faisait la manche à la sortie de mon hôtel. Beaucoup de personnes vivent dans cette situation au sud de Cincinnati (Ohio, États-Unis) et impossible de faire un pas dans la rue sans en rencontrer.

-« Bonjour », ai-je dit.

-« Bonjour Monsieur », dit-il.

-« Vous tenez le coup ? »

-« Ça va. »

On a parlé du temps et des rafales de neige qui s’acharnaient sur la ville depuis deux jours. Il me répondit que cet hiver était tout de même plus clément que celui de l’an dernier.

-« Racontez-moi ce qui vous est arrivé », lui dis-je.

Il sourit et me répondit : « Il y a une femme dans l’histoire ».

-« Une femme ? »

-« Oui M’sieur. C’était ma femme. Un jour, un de mes amis connaissait des difficultés, je l’ai donc invité chez moi le temps qu’il trouve une solution. Malheureusement il m’a pris mon travail et ma femme. J’ai donc décidé de déménager pour essayer de m’en sortir. »

-« Où est-ce que vous habitez en ce moment ? »

-« Sous un pont près du bureau de poste. »

Alors que je discutais avec lui, je lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo ce qu’il accepta volontiers. Alors que je sortais mon appareil photo, une nouvelle vague de flocons a commencé à tomber.

-« Comment vous appelez-vous ? »

-« Jesse », me répondit-il alors que le prenais en photo et lui glissais quelques billets dans son chapeau.

-« Prenez soin de vous Jesse. » Et en lui prenant le bras, j’ajoutais : « Je prierai pour vous. »

-« Merci, Monsieur, merci. » Une femme sortant de l’hôtel ajouta quelques billets dans son chapeau. Je partis alors de mon côté.

Je me souviens d’une histoire que la nièce d’un célèbre évêque me racontait souvent à l’époque. Quand elle était petite, elle marchait beaucoup dans les rues de New York avec son oncle et les gens l’arrêtaient constamment pour lui dire bonjour, lui serrer la main ou lui demander de l’argent. Il ne disait jamais non. Sa nièce se demandait bien pourquoi.

-« L’une de ces personnes pauvres est peut-être Jésus », lui dit-il.

-« Mais mon oncle », lui dit sa nièce, « l’un d’entre eux est peut-être simplement un bon à rien ou un escroc. »

-« Je sais », répondit-il, « mais je préfère ne pas prendre de risque. »

Jesse était-il un autre bon à rien ? Ou Jésus ? Je ne sais pas. Mais je ne souhaite prendre aucun risque.

Jésus nous demande de servir les plus pauvres mais il ne nous est pas toujours facile de discerner comment répondre à cet appel. Sommes-nous face à un « vrai » ou un « faux » pauvre ? Est-ce la bonne question à se poser ? Sans doute la personne que nous croisons a-t-elle davantage besoin de chaleur humaine. Mais donner une pièce de temps en temps, c’est aussi une manière d’accorder un peu d’attention. Pour en savoir plus, lisez le témoignage de 5 catholiques américains qui travaillent avec des sans-abris au quotidien : Faut-il donner de l’argent aux sans-abris ?

« Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »

Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? Tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? Tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t’avons habillé ? Tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »

Et le Roi leur répondra : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mat 25, 35-40).


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