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Seriez-vous capable d’attendre des heures sous un soleil de plomb pour recevoir l’Eucharistie ?

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Découvrez l'histoire extraordinaire de deux prêtres africains.

Je me suis retrouvée dernièrement à table chez mes beaux-parents pour dîner avec deux prêtres africains : père Augustin et père Jean. Tous deux parlent couramment cinq langues et sont étudiants en master dans des programmes catholiques américains. Après tout juste un semestre aux États-Unis, ils ont perçoivent la pauvreté spirituelle qui sévit ici. C’est autour d’un bon diner qu’ils nous ont rapidement expliqué les différences qu’ils ont pu observer entre les États-Unis et l’Afrique.

« Chez nous, le christianisme est encore tout nouveau et quand une personne se convertit, elle est assoiffée de Jésus, mais il n’y a pas assez de prêtres pour couvrir nos grands territoires. Nous ne pouvons pas apporter le Christ à tous ceux qui en ont besoin » se désole père Augustin.

Apporter la communion quoi qu’il en coûte

Il nous a raconté une histoire : « Un jour, pour apporter la communion dans une zone rurale d’Afrique, j’ai emprunté la seule voiture du rectorat. Après plusieurs heures de route, une inondation m’a barré la route. J’étais coincé. Les personnes à qui je devais rendre visite ce jour-là n’avaient pas pu assister à la messe depuis plus d’un mois. Ils avaient vécu sans communion pendant plus d’un mois ! Je devais aller les voir, je ne pouvais pas les laisser sans Jésus. Je ne pouvais pas les décevoir. »

Père Augustin est resté assis et silencieux dans sa voiture pendant quelques minutes, se demandant comment procéder. Traverser la route était physiquement impossible, mais laisser ces personnes sans communion était inconcevable. Il remarqua alors un homme travaillant sur le bord de la route. Père Augustin sortit de sa voiture et lui expliqua la situation. Il lui demanda s’il pouvait emprunter un vélo qu’il venait de remarquer contre un arbre.

L’homme accepta et père Augustin est donc retourné à sa voiture récupérer son kit de messe et le chargea sur le vélo. Puis, avec le vélo de cet étranger, il a pédalé pendant quelques heures supplémentaires sous ce soleil de plomb. En arrivant, il avait soif, il était en nage et couvert d’épaisses couches de poussière.

Il était aussi en retard de plusieurs heures pour la messe.

« Mais les paroissiens m’ont simplement attendu assis dans l’église. Ils n’étaient pas en colère ni impatients de mon retard. Ils voulaient recevoir le Christ à travers l’Eucharistie et ils savaient que je le leur apportais. Ils étaient heureux d’attendre mon arrivée. »

Est-ce que je dépense assez d’énergie pour Dieu ? 

Le père Augustin et le père Jean avaient plein d’autres histoires à raconteur – des récits où ils devaient surmonter des obstacles incroyables pour amener Jésus aux affamés spirituels. Après une soirée avec ces prêtres, je me suis rendue compte que comparée à eux, je dépense très peu d’énergie pour donner le Christ autour de moi : je suis vite frustrée et j’abandonne rapidement quand mes tentatives de prière avec mes propres enfants sont accueillies par des protestations ; je laisse souvent mon orgueil et ma vanité m’empêcher de partager ma foi avec ceux qui n’ont pas les mêmes opinions que moi ; je m’empêche de dire des bénédictions devant d’autres personnes par peur de les mettre mal à l’aise ; je ne prends pas toujours le temps de corriger les déclarations inexactes portant sur l’Église et ses enseignements. Le père Augustin et le père Jean traversent les paysages africains à vélo pour apporter le Christ aux fidèles. Mes connaissances savent-elles toutes que je suis catholique ?

Mais parmi les questions les plus poignantes à lesquelles m’ont conduit leur témoignage, il y a : est-ce que, comme ces ardents Africains convertis, j’attendrais plus d’une heure dans une église vide pour recevoir le Christ ? L’intégralité de ma journée, de ma semaine ou de mon mois tend-t-elle vers le moment où je peux recevoir le Corps et le Sang du Christ ? L’Eucharistie est-elle le point de convergence de toutes mes pensées, dirige-t-elle toutes mes actions ? Combien de fois me suis-je, Américaine privilégiée que je suis, plainte de ne pas avoir reçu la communion ou le sacrement de la réconciliation comme je l’aurais voulu ?

La soirée passé avec les pères Augustin et Jean restera gravée dans ma mémoire pour longtemps. Alors que le temps passé ensemble a essentiellement consisté en des récits sur l’enseignement du catholicisme dans leur pays d’origine, ces deux prêtres remarquables sont également parvenus à donner le Christ lors d’un dîner en banlieue américaine à un groupe de personnes qui en avaient aussi désespérément besoin.

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