Religion

Qu’est-ce que l’Épiphanie ?

Le mot « épiphanie » est un mot d’origine grecque qui signifie « manifestation » et qui désigne pour les catholiques la manifestation de Dieu en Jésus Christ.

Qu’est-ce que l’Épiphanie ?

© Wikipedia

Dans la tradition latine, la solennité de l’Épiphanie célèbre plus particulièrement l’évocation des Mages venus d’orient à Bethléem pour adorer l’Enfant dont la naissance leur a été indiquée par une étoile (Mt 2, 1-2). Toutefois attention, elle n’a absolument aucun lien avec la traditionnelle galette des rois. Cette visite porte une signification importante quant à l’universalité de la révélation, et montre que le Messie d’Israël se donne aussi à connaître des nations païennes, et par elles, à tous les hommes.

« Dans ces “Mages”, représentants des religions païennes environnantes, l’Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du Salut par l’Incarnation. La venue des Mages à Jérusalem pour « rendre hommage au roi des Juifs » (Mt 2, 2) montre qu’ils cherchent en Israël, à la lumière messianique de l’étoile de David (cf. Nb 24 ; Ap 22, 16), celui qui sera le roi des nations (cf. Nb 24, 17-19).

Leur venue signifie que les païens ne peuvent découvrir Jésus et l’adorer comme Fils de Dieu et Sauveur du monde qu’en se tournant vers les juifs (cf. Jn 4, 22) et en recevant d’eux leur promesse messianique telle qu’elle est contenue dans l’Ancien Testament (cf. Mt 2, 4-6). L’Épiphanie manifeste que « la plénitude des païens entre dans la famille des patriarches » (S. Léon le Grand, serm. 33, 3 : PL 54, 242) et acquiert la Israelitica dignitas (MR, Vigile Pascale 26 : prière après la troisième lecture). » (C.E.C., 528).

Les historiens reconnaissent à l’occasion dans les Mages venus d’Orient des savants, astrologues, probablement venus de Babylone, « centre de l’astronomie scientifique à une époque lointaine, mais en déclin au temps de Jésus » (Benoît XVI, L’enfance de Jésus, p. 133, Flammarion, 2012). En réalité, l’évangile de Matthieu qui relate cet événement ne dit presque rien d’eux : il ne dit pas qu’ils sont trois, ni qu’ils sont rois. Toutefois dans la tradition catholique, nous représentons volontiers ces Mages comme des rois venant chacun d’un continent différent : Afrique, Asie, Europe, pour figurer l’universalité de l’appel du Seigneur Jésus, à tous les peuples de la terre.

L’étoile qui guide les Mages a suscité beaucoup d’intérêts divers : si les Pères de l’Église y ont principalement vu une réalité surnaturelle, indiquant comment le Seigneur gouvernait tout l’Univers, y compris la marche des astres, nombre de scientifiques et d’astrologues ont fait l’hypothèse d’un événement naturel et providentiel. Dans tous les cas, l’étoile qui amène les païens à Jésus les amène à sortir de l’idolâtrie : le paganisme était en effet caractérisé par l’adoration de la nature. Les astres, en particulier, étaient souvent considérés comme des divinités.

Ici, ce n’est pas l’étoile qui est adorée par les Mages, mais ce qu’elle leur montre : qu’elle soit une manifestation surnaturelle, elle évoque alors inévitablement un créateur, au-dessus de tout, qui la gouverne ; ou qu’elle soit un signe naturel et providentiel de la naissance du Dieu fait homme, et la créature est alors remise à sa juste place de symbole. Dans tous les cas, elle est créée pour révéler celui qui est au-dessus de tout et qui veut se faire connaître à tous les hommes. En cela, l’étoile évoque plus particulièrement la lumière – à commencer par la lumière naturelle, celle de la science, notamment – qui guide ceux qui marchent dans la nuit, pour les sortir de leur aveuglement et les conduire vers la vraie lumière. Cette lumière naturelle est importante, mais elle ne doit jamais être idolâtrée en permettant de réduire à la seule nature – ou pire encore à la seule matière – le champ d’exploration de la connaissance. Mais elle doit seulement guider les hommes vers une connaissance plus élevée, qui se réalise dans la rencontre avec le Dieu incarné.

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