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Supprimer le célibat des prêtres ne résoudrait rien

©Jean-Matthieu GAUTIER/CIRIC
Septembre 2015 : Messe de funérailles, France. September 2015: Funeral mass, France.
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Rôle des femmes dans l'Église, morale sexuelle etc. : l’archevêque Georg Gänswein a abordé ces thèmes brûlants lors d’une conférence à Fribourg, en Allemagne.

Préfet de la Maison pontificale, l’archevêque Georg Gänswein a exprimé clairement son opposition à la suppression du célibat des prêtres. D’après, lui, elle ne peut pas être la solution à la pénurie de prêtres en Allemagne. Il n’a certes pas de remède miracle mais il perçoit une chance de répondre aux besoins pastoraux par la diversification et la multiplicité des engagements des chrétiens, laïcs, consacrés et prêtres. L’Église ne peut être comme un club de la bonne société qui mettrait au centre des prêtres et des cardinaux.

Si l’Église a instauré le célibat des prêtres, c’est parce que le charisme même d’un pasteur, qui est ordonné prêtre au service de la communauté des chrétiens et de l’Église du Christ, exige qu’il se livre tout entier à son Église et au peuple des fidèles, dans un don total de soi.

Un prêtre racontait cette expérience avec un malade à l’hôpital : « Vous, quand vous venez me voir, mon père, je suis tout pour vous, je sens que je suis le plus important, alors que les autres, et c’est bien normal, ils ont leur femme, leur mari, leurs enfants, et on ne compte pas tant que ça ». Si le célibat des prêtres n’est pas un dogme, tout porte à croire que cette exigence a une véritable signification et qu’elle est un témoignage pour l’Église et pour le monde du don du Christ à son Église et à toute l’humanité. Car en renonçant à avoir des enfants, ils deviennent les pères de tous et, à la suite du Christ prêtre, ils reçoivent la mission de faire entrer les hommes dans la paternité de Dieu et de les faire renaître dans l’esprit.

Il est grand temps de se décharger du superflu

En même temps, l’archevêque Gänswein regrette qu’en Allemagne tout le débat se concentre sur ces thèmes récurrents, que ce soit le rôle des femmes dans l’Église, la morale sexuelle ou la question de la communion des divorcés remariés. « Ce sont des thèmes qui, du point de vue de l’Église universelle, ne sont pas au cœur de la foi ». La question est bien plutôt celle qu’évoquait le père Luc de Bellescize dans Famille chrétienne : « Toute la question est celle de la possibilité d’une ouverture au Mystère éternel qui ne se voit qu’avec un cœur éduqué à l’invisible ».

Mgr Gänswein a souhaité rappeler également l’exigence du pape François d’une Église pauvre au service des pauvres : « Quand la richesse accumulée nuit au témoignage de foi, il est grand temps de se décharger du superflu ». C’était aussi ce que disait le pape Benoît XVI quand il évoquait une « désécularisation » de l’Église et le refus de vivre comme vit le monde, assoiffé de richesse. Une preuve de plus, s’il en était besoin, de la profonde harmonie entre le pontificat de Benoît XVI et celui du pape François.

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