Pape François

L’appel du Pape après le terrible massacre dans une prison au Brésil

À l’audience générale, le Pape a lancé un vibrant appel au monde carcéral.

L’appel du Pape après le terrible massacre dans une prison au Brésil

© ALESSIA GIULIANI/CPP

Pour pouvoir « parler d’espérance à une personne désespérée », il faut savoir « partager son désespoir « en pleurant avec elle, a déclaré le pape François dans sa nouvelle catéchèse sur l’espérance chrétienne, à l’audience générale avec les pèlerins et fidèles dans la Salle Paul VI au Vatican. À la fin de l’audience le Saint-Père a exprimé « douleur » et « préoccupation » pour le monde carcéral après le drame survenu dans une prison du Brésil, où une mutinerie a fait 56 morts, dans la nuit du 1 au 2 janvier.

Appel aux centres pénitentiaires

« J’invite à prier pour les défunts, pour leurs familles, et pour tous les détenus de cette prison et pour ceux qui y travaillent », a exhorté le Saint-Père en évoquant le massacre survenu dans le complexe pénitentiaire Anisio Jobim (Compaj), à la périphérie de Manaus, où plusieurs prisonniers ont été assassinés, « certains décapités », après une mutinerie et une prise d’otages. Alors qu’au Brésil la surpopulation carcérale est à l’origine souvent de ce genre d’émeutes entre bandes rivales, le Pape a invité l’assemblée – près de 6000 personnes – à réciter avec lui un Je vous salue Marie, en invoquant Marie « Mère de tous les détenus » pour  les détenus du monde entier, et afin que les centres de détention « ne soient plus surpeuplés » et puissent garantir « des conditions de vie dignes de personnes humaines ». Il a rappelé à tous ces centres qu’ils doivent être « des lieux de réhabilitation et de réinsertion sociale ».

À l’occasion du Jubilé du monde carcéral, les 5 et 6 novembre dernier à Rome, le souverain pontife a souhaité une amélioration des conditions de vie dans les prisons et demandé aux autorités civiles de faire acte de « clémence » à l’égard des détenus jugés aptes à réintégrer la société. Face à plus de mille détenus de différentes nationalités, il avait déploré  une certaine « hypocrisie »  à ne voir en ces détenus « que des personnes ayant commis une faute »  sans penser qu’ils pourraient « changer de vie », réaffirmant l’importance d’une justice pénale qui ne soit pas exclusivement « punitive » mais ouverte à « l’espérance ».

L’espérance vécue dans les larmes

Et c’est bien d’espérance qu’il s’agit dans ce nouveau cycle de catéchèses entamé par le Pape lors des audiences du mercredi. Et aujourd’hui il était question « d’espérance vécue dans les larmes » comme Rachel, l’ancêtre du peuple de Dieu, qui « représente la souffrance de toutes les mères du monde et de tous les temps, les larmes de tous ceux qui vivent une perte irréparable » . Comme il explique dans son texte pour les fidèles francophones, « Rachel refuse d’être consolée, refus qui exprime l’amertume de ses larmes et la profondeur de sa souffrance ».

De fait, devant le drame de la perte d’un enfant, une mère est inconsolable, car « sa douleur est proportionnelle à son amour ».  Toutes les mères le savent, et elles sont nombreuses aujourd’hui à pleurer, à ne pouvoir, comme Rachel, se résigner à la perte d’un enfant. Pour parler d’espérance à une personne désespérée, « il faut d’abord partager sa souffrance et s’unir à ses larmes », a poursuivi François. Et si on ne peut pas, alors « il vaut mieux se taire et s’en tenir aux caresses et aux gestes », a-t-il ajouté en sortant de son texte. Le Seigneur a répondu aux larmes de Rachel « avec délicatesse et amour », lui promettant une descendance, que son « peuple reviendra d’exil et vivra, libre dans la foi ».

Saint Matthieu a appliqué ce texte de Jérémie à la persécution des innocents, tués à cause de Jésus. « Le Fils de Dieu est entré dans la douleur des hommes, il l’a portée jusqu’au bout (…) Les pleurs de Marie également, comme ceux de Rachel, ont suscité l’espérance et la vie nouvelle », a expliqué le Pape. « La lumière de Noël éclaire désormais toute notre existence », a-t-il ajouté en saluant les pèlerins de langue française. « Même si la vie est parfois difficile et les difficultés et les inquiétudes ne manquent pas », il a souhaité à tous que « le Seigneur Jésus les garde tout au long de cette année dans l’espérance de la foi », qu’il leur accorde « la vraie joie des enfants de Dieu ».

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