Religion

L’édifiante conversion d’un mari colérique et intempérant grâce à sa femme

Découvrez l’histoire de Cyprien et Daphrose Rugamba, un couple tourmenté revenu "à la vie" grâce à la foi.

L’édifiante conversion d’un mari colérique et intempérant grâce à sa femme

Un documentaire diffusé sur KTO le 26 décembre dernier nous fait découvrir l’histoire émouvante de Cyprien et Daphrose Rugamba, un couple rwandais tué avec six de leurs dix enfants aux premières heures du génocide.

Cette histoire qui, comme nous le verrons, est un véritable un hymne aux couples en crise, est au départ celle de la conversion d’un homme, Cyprien Rugamba, brillant intellectuel, ancien séminariste qui devint un athée radical (« athée farouche », comme le décrira son fils), immergé dans les pratiques animistes. Un jour, il n’hésita pas à briser en deux un crucifix qu’il avait vu dans la chambre d’hôpital où sa femme venait d’accoucher. Cyprien n’était pas seulement un animiste militant, mais aussi un époux infidèle qui lui infligea de grandes humiliations.

Tout au contraire de son époux, Daphrose était restée profondément catholique depuis son enfance. Elle ne faiblit jamais dans sa foi, demandant des prières pour lui, se mortifiant. On rapporte qu’il lui arrivait de tendre ses bras vers le Ciel avec ses mains chargées des pierres pour implorer au Seigneur la conversion de son mari.

Finalement, comme sainte Monique, l’amour de Daphrose envers son époux et sa prière persévérante seront la source de la conversion de celui-ci. Cyprien se confia ainsi après sa conversion : « Je lui ai fait du mal ; elle me fait du bien. Malgré tout ce que je lui ai fait, elle ne m’a pas quitté pendant que j’étais malade (il fut quasiment paralysé pendant un an), au contraire elle a pris soin de moi : son Dieu sera mon Dieu ! ».

Cyprien et Daphrose marqueront ensuite leur communauté par leur piété et leur engagement ecclésial. Un prêtre s’étonna du fait qu’ils venaient se confesser chaque semaine, alors que, disait-il, « même les séminaristes ne le font pas ». Ils fondèrent la Communauté de l’Emmanuel au Rwanda qui est aujourd’hui la deuxième plus nombreuse au monde après celle de France. Jusqu’à leur martyre, ils s’occupèrent des pauvres et des enfants abandonnés. « La conversion, disait Cyprien, ce n’était pas juste se tourner, mais c’était un retournement radical ».

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Cette conversion, portant un pardon qu’il ne cessa de demander à Daphrose, conduisit aussi à une merveilleuse transformation de la vie familiale. Ils offrirent autour d’eux le témoignage d’un amour conjugal rayonnant de tendresse, intégré dans une foi commune forte. Le rayonnement de paix et de charité de leur couple marqua alors leur communauté ; leurs amis parlaient de la « résurrection du couple ». Lui-même parlait de « renouveau de l’amour » ; « j’ai perdu assez de temps, je rattrape le temps perdu », disait-il à ses amis décontenancés par sa transformation.

La force de l’amour

Cette histoire nous montre la force de l’amour et du pardon. Daphrose, qui a connu le « martyre du foyer », comme dira un évêque rwandais témoin de leur vie, n’a pas choisi la voie de la haine, de la vengeance ou du renoncement, mais elle a converti son mari avec la force de son amour, manifestée dans la patience et la prière. Cette histoire nous montre aussi comment l’amour conjugal atteint une force quasiment mystique, invincible lorsqu’il se mêle à un projet partagé de foi. « Daphrose, témoigne le vice-postulateur de leur cause en béatification ouverte en 2015, a toujours eu cette vision que son mariage est un projet pour l’éternité ; elle y croyait et elle pouvait souffrir pour cela, elle pouvait donner sa vie pour cela, elle pouvait tout supporter pour que ce projet ne meurt pas. Et à partir du moment où Cyprien est entré dans ce projet, quand le Ciel est entré dans sa vie et que toute sa vie a été tournée vers ce Ciel, à partir de ce moment-là tout a changé ».

Une fin tragique

Dans un chant religieux qu’il composa, où il parle de sa mort, Cyprien disait : « Si je meurs, je ne veux surtout pas voir les larmes dans les rangs. Je veux que vous chantiez, que vous dansiez, parce que moi je veux entrer dans le Ciel retrouver le Dieu suprême, et je rentrerai en dansant pour répondre à son appel ». La veille de sa mort, alors qu’il répétait avec sa chorale un chant sur l’entrée dans la Jérusalem Nouvelle, il fit interrompre ce chant, puis il dit : « Je vais vous montrer comment moi j’entrerai dans la Jérusalem Céleste » ; alors il se mit à danser. Le couple et six de leurs enfants furent tués le lendemain, le 7 avril 1994, alors qu’ils avaient passé la nuit en adoration eucharistique dans la chapelle qu’ils avaient aménagée dans leur maison.

Puisse cette histoire inspirer les couples en crise, de sorte que chacun se dispose toujours au pardon : le demander autant que l’accorder. Ainsi vient la réconciliation. Celle-ci s’affermit avec la foi, lorsque chacun s’abstient d’être envers l’autre un juge intrépide, mais un porteur de miséricorde qui l’aide à devenir saint. « Son Dieu sera mon Dieu » : Cyprien a été converti par le témoignage chrétien de son épouse.

 

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