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Connaissez-vous la recette du bonheur ?

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Elle pourrait être bien plus simple que vous ne le pensez !

Assurément, j’aimerais découvrir une formule magique pour être toujours et à tout moment heureux. Sans une ombre de tristesse et sans la moindre pointe de douleur. Il y a quelques jours, un petit garçon m’avait demandé : « Es-tu une personne heureuse, ou es-tu une de ces personnes qui ont des moments heureux ? ».

Pour ma part, je veux être toujours joyeux. Je ris. Je plaisante. J’ai un grand sens de l’humour. J’aime rire de moi-même et des autres, mais je ne suis pas toujours heureux. Une certaine mélancolie peut soudainement, m’envelopper et alors, ma paix intérieure chavire, ma joie s’en va.

Je voudrais être heureux, toujours ! Et je m’attèle à cette tâche en obtenant souvent, des résultats bien frustrants. Il est vrai que j’y parviens parfois, et j’en suis bien content. Mais les autres fois, je me braque, je m’obstine et je n’y arrive pas. Je n’y parviens pas, parce que je ne vis pas le « ici et maintenant ».  

Dan Gilbert parle d’une expérience menée à partir d’une application pour téléphones portables, à laquelle participaient 5 000 personnes de 83 pays. Cette application demandait périodiquement à ses participants, comment ils se sentaient, ce qu’ils étaient en train de faire au présent, et si au même moment, ils étaient en train de penser à quelque chose de différent.

Les résultats obtenus montraient que les personnes pensaient presque autant aux choses qu’ils n’étaient pas en train de faire, qu’aux affaires qu’ils avaient sous les yeux. Les données collectées ont permis de montrer que ces « pensées errantes » les rendaient malheureux.

Lorsqu’on ne profite pas du présent, on n’est pas heureux. Lorsqu’on vit tourné vers le passé ou angoissé par le présent, on ne trouve pas la paix intérieure. C’est ainsi que les pensées errantes nous travaillent sans cesse et que la tristesse atteint notre moral. Et moi, malgré tout, je voudrais que rien n’entrave mon bonheur.

La solitude comme solution ? 

Parfois, il me semble que le chemin à suivre est de vivre dans la solitude, et que c’est ainsi que je me sentirais plus heureux. Il n’y aurait personne autour pour me déranger. Aucune exigence, aucune attente, de fait, personne ne me demanderait rien. Et je ne devrais donner rien à personne. Seulement, je sais bien que cela n’est pas le bonheur ; puisque la paix qui en découle n’est que passagère et apparente.

Combien de fois, pourtant, cette solution m’apparaît bonne ou appréciable. Dans ces moments, je comprends pourquoi tant de gens se lancent à la recherche d’un coin tranquille pour être seuls, en quête d’un endroit où personne ne viendrait briser leur quiétude.

Il m’arrive souvent de vivre complètement absorbé par le monde, à tel point que je ne parviens plus à me recentrer, à trouver la paix ou un coin au calme. J’en viens à désirer et envier ce que je n’ai pas; le recueillement, le repos, vivre posément et sans hâte. Le bonheur est le défi de ma vie. Je rêve de vivre dans la joie, de reposer dans une joie véritable.

Le père Joseph Kentenich disait : « Ne savons-nous pas que nous accompagnons les âmes, la nôtre et celles des autres, que la joie véritable est le ressort qui propulse l’âme ».

Mais être heureux, cela peut aussi devenir une obsession. Comme l’expliquait Dan Gilbert : « Essayer d’être heureux c’est comme perdre du poids. Il n’y a aucun secret pour perdre du poids : il suffit de manger moins et de faire plus d’exercice. Il en va de même, pour le bonheur. Il y a quelques petites choses à faire, et si on les respectent religieusement, la courbe du bonheur progressera vers le haut ».

Que faire pour être heureux ? Je ne prétends pas donner des recettes, ni de bonnes consignes de comportements. Je ne possède pas le tour de magie pour être heureux, et j’ignore quelle est la mesure exacte des ingrédients pour une diète heureuse. Je n’oserais pas vous soumettre un chemin tout fait pour atteindre vos objectifs.

Le but de ma vie n’est pas d’être heureux

Moi-même je ne suis pas clairement convaincu que mon but dans la vie, le but de tous mes efforts, soit d’être heureux. Je sais bien que si j’y parviens je ferais beaucoup d’heureux autour de moi, assurément. Toutefois, je ne crois pas que Dieu m’ait créé dans le seul et étrange dessein d’être heureux toujours, tout au long de ma vie.

Je perçois que le but de ma vie est bien plus de donner de l’amour, de me livrer par amour et de le faire jusqu’à ce que cela fasse mal, de soutenir les autres, de soigner les blessés, de transmettre de l’espoir et offrir de la consolation, enfin, d’être une porte de miséricorde.

En revanche, je ne pense pas que l’objectif de mon cheminement sur terre soit d’être heureux. Jésus n’est pas venu en ce monde avec un livre de développement personnel pour affronter les difficultés de la vie avec un bon état d’esprit. Il n’a pas donné sa vie pour que nous soyons heureux.

Bien sûr, il est vrai que ces paroles résonnent profondément dans mon cœur : « Réjouis-toi, le Seigneur est avec toi ». Mon cœur s’en réjouit et j’en suis toujours ému. Je suis touché en écoutant la Bonne Nouvelle ; Jésus vient pour demeurer en moi. Il vient demeurer en mon cœur pour toujours. Il est venu habiter en moi, afin que ma vie tressaille de joie.

Alors, je comprends. Je réalise que le but de ma vie n’est pas d’être heureux, mais d’aimer. En aimant vraiment, de toute mon âme, je sais que je vivrais en paix, je sais que ma vie aura un sens et pour cela, je vivrais plus heureux.

Certes, il n’en sera pas ainsi à tout moment, tout le temps. Mais il y aura un arrière fond, une tonalité de joie dans mes paroles, une sérénité dans mes réponses, une joie simple. La joie de celui qui sait que son existence repose en Dieu.

Je veux grandir pour que cette semence de l’amour croisse avec force, du plus profond de mon être. Je désire grandir dans la liberté pour que les semences éternelles que Dieu a insufflées en moi, fleurissent et portent leur fruit dans ma vie. Je veux être heureux, mais je ne le recherche pas. Je désire apprendre, voilà ce que je veux, je veux apprendre à affronter la vie, voguer sur les mers et parcourir les chemins.,

Mais je ne le ferais pas avec la tristesse qui accablait les disciples d’Emmaüs, lorsqu’ils ne parviennent pas à reconnaître le Maître. Ce sera avec le feu allumé de ces hommes qui, ayant tout perdu, ont touché Jésus dans le pain rompu, et pour qui la vie a rejailli, embrasée par ce feu.

Je veux être capable de faire face à la vie, dans la joie, dans la paix, sans bousculades ou précipitations. En vérité, voilà ce que je veux.

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