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Existe-t-il un âge idéal pour être enceinte ?

© Caiaimage/Tom Merton / Getty
Affectionate pregnant couple laying in bed laughing
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15, 20, 25, 30 ou 35 ans, voir plus ?

Cela ne vous surprend pas que Marie aie donné la vie, alors que selon toute probabilité, elle n’était âgée que d’à peine 14 ans ? C’était il y a bien longtemps, certes, avec des mœurs et une culture bien différentes. Pourtant, une adolescente ne semble pas être suffisamment mûre pour devenir mère. À cela s’ajoute également, la question de savoir si la maturité dépend uniquement de l’âge. Et si cela est avéré, de quel âge s’agit-il ? Que faut-il envisager au moment de choisir d’agrandir la famille ? Existe-t-il un âge idéal pour être enceinte? Pour répondre à cela, voyons en quoi consiste la vie d’une femme ordinaire.

Les adolescentes

Il est évident que cela peut-être trop tôt. En réalité, les adolescentes sont encore des enfants. Elles devraient se concentrer sur l’école, leur formation et leur future profession. Il est difficile à cet âge-là, de parler de relations sérieuses. Ce n’est probablement pas le meilleur moment pour s’amuser à avoir une famille.

20-25 ans

Il est encore trop tôt. Fixe-toi l’objectif de valider progressivement les examens. Utilise les bourses et les programmes d’échanges des étudiants, profites en pour t’amuser dans les soirées et les fêtes. Dans la mesure de tes envies et de ton temps, investis sur toi-même. Tu peux commencer à cumuler les premières expériences professionnelles, mais surtout, il est sain de pouvoir profiter d’une vie sans préoccupations et sans engagements. Il est ainsi facile de rencontrer et de connaître beaucoup de gens, sans nécessairement devoir s’unir à quelqu’un, d’une manière concrète ou permanente. Il y a encore beaucoup de temps.

25-30 ans

C’est la période du premier « réel » emploi. Après tout, il ne serait probablement pas convenable de demander le congé maternité, dans l’immédiat. Au début, il nous faut prouver ce que l’on vaut, engranger de l’expérience, acquérir une position stable. De plus, on gagne un salaire qui n’est pas nécessairement mirobolant, alors qu’un enfant suppose des dépenses supplémentaires. Privilégie l’épanouissement de ta carrière. C’est le meilleur moment pour donner naturellement de l’élan à ta carrière, pour obtenir les qualifications et la formation spécialisée, après le diplôme. Il est certain qu’à cet âge, il y aura plus de pression sur le fait d’avoir quelqu’un dans sa vie, d’une manière permanente ou stable. Toutefois, il est surtout convenable de profiter amplement de sa vie, en dansant jusqu’à l’aube ou en voyageant à l’étranger.

30-35 ans

Désormais, tu jouis d’une certaine position dans l’entreprise. Seulement, si tu prends un peu trop de temps maintenant, un autre employé viendra prendre ta place, et il sera, bien évidemment, plus jeune et moins cher que toi. En plus, tu ne cesses de t’améliorer dans tout ce que tu fais. Pourraient-ils se passer de toi ? Où sont tes ambitions ? Toutefois, au fond tu sens que le temps est en train de s’écouler, raison pour laquelle ne vaudrait-il pas mieux penser – au moins – à se marier ? De toute façon, l’envie d’avoir des enfants, il va falloir la garder pour plus tard, parce qu’en premier, le couple doit profiter à fond et tout seul, afin de construire un foyer solide pour accueillir un enfant, par la suite.

35-40 ans

Il est trop tard. Le risque des malformations génétiques augmente. La différence d’âge entre les générations est grande aussi. Les nuits blanches seront une bien lourde tâche pour toi. Tu ne tiendras pas physiquement le train-train quotidien avec un nouveau-né. Tu ne souhaites pas peser sur sa jeunesse en devenant un parent âgé et grognon… Ce serait irresponsable.

La morale de l’histoire

Existe-t-il une femme qui pourrait affirmer, la main sur le cœur, qu’elle ne s’est jamais retrouvée face à ce genre d’opinions ? Je suis persuadée que l’écrasante majorité d’entre nous avons déjà eu droit à bon nombres de ces conseils et que gravitent autour de nous, une bonne poignée de « conseillers » experts dans le sujet. Pour ma part, j’ai entendu tous ces conseils (venant de différentes personnes). Et vous savez quoi? Ils ont tous une part de vérité ! Parce que pour la grossesse, il n’existe pas un moment idéal.

Il y aura toujours quelque chose à faire, quelque chose à expérimenter ou à réaliser, avant de mettre au monde un enfant. On peut toujours avoir davantage, se préparer mieux, être plus mûr, devenir meilleur ou être plus riche. La bonne nouvelle dans tout cela… c’est que ce n’est pas nécessaire. Inutile de chercher le moment parfait pour avoir un enfant, puisqu’aucun n’est parfait, et conséquemment, n’importe lequel pourrait être suffisamment bon. Mieux encore – la naissance d’un enfant peut nous rendre meilleurs, plus mûrs et plus riches ! Je connais bien des personnes (et j’en fais partie !) qui juste après la naissance de leur premier enfant, se sont redécouvertes elles-mêmes, leurs passions ainsi que d’énormes et insoupçonnées ressources d’énergies. Elles devinrent plus créatives, constantes, stables et centrées sur leurs objectifs ; tout cela se reflétant dans leurs vies professionnelles, également.

Ces gens ont recommencé à croire en eux-mêmes, parce que la paternité-maternité leur a fait découvrir leur valeur et combien ils étaient capables d’affronter et de se surpasser. En montrant le monde environnant à leurs petits, ils l’ont redécouverts eux aussi. Cette responsabilité ajoutée au fait d’avoir quelqu’un pour qui se battre, constituent certes un poids écrasant, mais surtout, cela donne des ailes. C’est une source intarissable de force, d’inspiration et de motivation. Aucun coach ne pourra te communiquer autant de motivation, car celle-ci ne se transmet pas par les mots ou les paroles, mais par l’amour.

A toi, future mère!

Tout ceci ne veut bien évidemment, pas dire qu’il n’existe pas objectivement, des soi-disant meilleures ou pires circonstances de santé, ou économiques. Seulement, avant de les considérer, pense tout d’abord à ce que tu veux réellement. Quelle est ta liste de priorités? A quel niveau places-tu le travail, le conjoint, la foi, la passion ou l’argent ? Si dans ton cœur, tu ressens le désir de la maternité, mais que la peur te retient, sache que cette décision ne doit pas être pensée et dessinée « du début, jusqu’à la fin », calendrier à la main. Tu n’as pas à te sentir sûre et certaine à cent pour cent, parce qu’en réalité, on ignore clairement comment seront les choses jusqu’à la naissance du premier enfant…

A toi, future mère, je veux t’encourager et t’exhorter à ne pas retarder une telle décision, si importante, à cause de la peur provoquée par les commentaires de certaines personnes. Fais face à cette décision et à tes priorités. Assurément le travail est réellement important à certains moments de la vie – néanmoins, il s’agit de ta vie ! Que ce ne soit pas une voie pour s’échapper, mais un choix bien réel. Si tu ne parviens pas à te décider sur un changement si radical. Soit. Alors, fais-le consciemment, non pas parce que cela est « arrivé tout simplement », ou « parce que vous attendiez des temps meilleurs », qui n’arrivent pas ou qui sont déjà, loin derrière. Peut-être avez-vous l’envie d’élargir la famille, mais le projet est retardé. Dans ce cas, cela vaut la peine de réfléchir sur ce que vous attendez : avoir un logement à soi, ou un contrat de travail, etc. ? Cela permet d’avoir un objectif concret.

A toi, maman étonnée et surprise!

Par ailleurs, je souhaite porter conseil à celles qui mènent une grossesse imprévue ou peut-être même non désirée. Tu trouves que cela est arrivé au mauvais moment et tu as probablement peur ? Courage ! Lorsque quelqu’un te dit qu’il est bien trop tôt pour avoir un enfant, pense à Marie. Lorsqu’on te dit qu’il est désormais trop tard pour avoir une descendance, pense à la mère d’Anne ou à sa cousine, Élisabeth. En regardant leurs enfants, il devient bien difficile de critiquer leur « irresponsable » maternité. Un enfant n’est pas un projet, avec des dates de réalisation rigoureusement fixées et dans des circonstances optimales. Devenir parent est une tâche difficile, exigeante, frustrante et merveilleuse. Lorsque tu consacres ta vie au service d’un autre être humain, tu reçois un pouvoir extraordinaire provenant des sensations et des sentiments de plénitude et de dévouement. C’est un départ à la conquête de la chance, au cours de laquelle il y aura toujours de beaux moments.

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