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Noël au Vatican : Télesphore, Marc, Libère, trois pontifes aux origines de la fête de la Nativité (1/5)

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Ces trois papes ont en commun d’avoir, chacun à leur façon, contribué à faire de la fête de Noël ce qu’elle est aujourd’hui.

La plus ancienne référence à Noël remonte à 138. Elle est rapportée dans le Liber Pontificalis, un catalogue chronologique de tous les papes et évêques de Rome, compilé dans des milieux proches de la Curie à partir du Vᵉ siècle. On peut y apprendre notamment que le pape Télesphore (125-138) est le premier pontife à instituer la messe de minuit.

Cependant, Noël n’était à cette époque pas forcément célébré le même jour qu’aujourd’hui, la date variant selon les divers calculs. Ainsi il est arrivé que l’on célèbre la naissance du Christ le 6 janvier, le 28 mars ou encore le 18 avril.

C’est seulement en 336 que le 25 décembre est enfin désigné comme jour fixe de la naissance du Christ. C’est le pape Marc qui rédige le tout premier calendrier faisant l’inventaire des festivités religieuses, où figure Noël à la date du 25 décembre. Malheureusement, son pontificat, trop court (Janvier-Octobre 336), l’empêche d’instaurer officiellement la célébration, ni d’y prendre part.

Les célébrations de la Nativité

Il faut attendre encore 20 ans pour que Noël soit fêtée comme telle par un pape. C’est saint Libère (352-366) qui organise la première liturgie officielle, en la toute nouvelle… basilique Saint-Pierre fraîchement inaugurée après la paix constantinienne. La basilique, dont les travaux furent commencés pendant le pontificat de Silvestre, ouvre en effet ses portes au début de celui de Libère en 354. En ses murs donc, le Souverain pontife de l’époque décide tout naturellement d’y convier les chrétiens le 25 décembre de la même année, pour commémorer la naissance de l’Enfant Jésus.

Au-delà de la cérémonie officielle, cette célébration vise aussi à concurrencer les festivités païennes encore bien persistantes (Sol Invictus, saturnales). Les Pères de l’Église ont tout d’abord préféré intégrer ces croyances, considérant que le choix calendaire des païens ne pouvait donner lieu à des hérésies théologiques. Car selon eux, il confirmait malgré tout la venue du Messie, qu’on le qualifie « d’astre levant » ou de « soleil de justice » ou encore de « soleil invaincu ». Noël s’est de cette manière substituée aux célébrations des fêtes païennes d’autant plus aisément que ces qualificatifs métaphoriques font écho à des références bibliques. Comme en témoigne le livre de Malachie (3, 20) : “Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement“.

Ensuite, ce n’est pas un pape, mais l’empereur d’Orient Théodose II (401-450) qui codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël pendant son règne. Les célébrations du temps de la Nativité s’étendent alors progressivement, avec une période de préparation de deux à quatre semaines, l’Avent, puis une période qui se poursuit jusqu’à la célébration de la présentation de Jésus au Temple, le 2 février, actuelle chandeleur.

Au VIe siècle sous le pontificat de Grégoire le Grand (590-604), la messe de minuit se célèbre ainsi systématiquement. C’est au VIIe siècle que l’usage s’établit à Rome de célébrer trois messes : la vigile (veillée) au soir du 24 décembre, la messe de l’aurore et la messe du jour le 25 décembre. A noter que les 40 jours qui précèdent Noël deviennent, pour un temps, les « 40 jours de saint Martin » en l’honneur du très populaire saint Martin de Tours. AH

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