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Comme les rois mages, en Galilée…

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Comment les mages ont-ils eu connaissance de la naissance de Jésus ?


Les rois mages


Dans la Bible, c’est saint Matthieu qui raconte la quête des mages, et leur adoration devant l’enfant qui vient de naître : « Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » (Mt 2).

À cette époque, l’apparition d’une nouvelle étoile dans le ciel était interprétée comme la naissance d’une personne illustre. Les mages étaient sûrs qu’il s’agissait du roi des Juifs. C’est pour cette raison qu’ils se rendent d’abord à Jérusalem, la capitale, pensant y trouver le roi des Juifs. Le roi Hérode fait appel aux grands prêtres et aux scribes, qui connaissent les Écritures, pour savoir où doit naître le Messie. Les prêtres affirment que, selon les textes saints, le Christ doit naître à Bethléem. Les mages se remettent en route, et l’étoile les guide jusqu’à Jésus : « Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. »

D’où vient notre représentation des mages ?

Saint Matthieu ne nomme pas les mages dans son Évangile. Il ne dit même pas qu’ils sont trois. C’est la piété populaire, notamment influencée par les évangiles apocryphes (non reconnus par l’Église), qui façonne Gaspard, Melchior et Balthazar, tels que nous nous les représentons aujourd’hui.

C’est sans doute parce qu’ils offrent trois cadeaux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe, que la piété populaire en a déduit qu’ils étaient trois. Leurs prénoms apparaissent vers le VIe siècle dans la tradition populaire et proviennent de « L’Évangile arménien de l’Enfance » (texte apocryphe daté du Ve siècle qui développe une version romancée de la naissance et de l’enfance de Jésus) dans lequel les rois mages sont nommés pour la première fois : Melkon (Melchior), roi des Perses, Gaspard, roi des Hindous, et Balthazar, roi des Arabes.

Par ailleurs, les mages seraient des savants perses, à la fois philosophes et astronomes. Les textes les désignent comme des scrutateurs du ciel. Ainsi, le « Protévangile de Jacques » (texte apocryphe du IIe siècle) leur fait dire : « Nous avons vu une étoile énorme qui brillait parmi ces étoiles-ci et qui les éclipsait au point que les autres étoiles n’étaient plus visibles, ainsi nous avons connu qu’un roi était né pour Israël ».

© Mathilde de Robien

Comment les mages sont-ils devenus les rois mages ?

Saint Matthieu parle de « mages venus d’Orient », mais pas de « rois » ! Quand passe-t-on des mages aux rois mages ? Dès la fin du IIe siècle, Tertullien, théologien chrétien, rapproche des passages des Écritures, dans lesquels il est question de rois qui viennent adorer le Christ, à l’Évangile de Matthieu :

Dans le livre d’Isaïe, psaume 60 : « Les nations vont marcher vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton lever… Un afflux de chameaux te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madian et d’Eifa, tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens ». Dans le livre des Psaumes (n° 72) : « Les rois de Tarsis et des îles enverront des présents, les rois de Saba et de Séva paieront le tribut, tous les rois se prosterneront devant lui ».

On ne sait pas exactement à quelle époque les mages sont devenus des rois dans la culture chrétienne, mais l’art les a représentés avec des couronnes à partir du XIIe siècle.

« La Légende dorée » et la symbolique des cadeaux

À la fin du XIIIe siècle, Jacques de Voragine, archevêque italien, perpétue la tradition en rédigeant « La Légende dorée » (écrite entre 1261 et 1266), relatant les grands épisodes bibliques et des vies de saints. Voici son portrait des rois mages :

« Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ. Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité. Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir ».

La myrrhe est une résine utilisée dans les embaumements et symbolise la mort. Au contraire, l’encens symbolise l’immortalité et la perfection divines. Les cadeaux des mages représentent la nature même de Jésus-Christ : Dieu qui s’est fait homme. Ils annoncent à la fois sa mort et sa résurrection.

Les rois mages = l’humanité toute entière

D’abord Arabes ou Persans, les mages sont ensuite représentés, vers le XIVe siècle, comme appartenant aux trois continents alors connus : Gaspard vient d’Asie, Balthazar d’Afrique, et Melchior d’Europe. On attribue à chacun un des trois âges de la vie : la jeunesse, l’âge mûr et la vieillesse, afin de représenter l’humanité toute entière.


Proposition de la semaine : chercher le Christ comme les mages ont cherché Jésus


1/ Comme les rois mages, reconnais quelle est l’étoile du Christ dans ta vie, celle qui te mènera sur le chemin de Jésus et de la vérité. Elle peut être un prêtre, un parent, ton parrain ou ta marraine, un texte de la Bible que tu aimes particulièrement… Quelqu’un ou quelque chose vers qui/quoi te tourner lorsque tu cherches à suivre le Christ et que tu ne sais pas trop comment t’y prendre.

2/ En plus de l’étoile, ce sont les Écritures qui ont mis les mages sur la bonne route. Je te propose de relire l’Évangile de Matthieu (chapitre 2) qui raconte le voyage des mages.

3/ Les rois mages offrent des cadeaux à Jésus. C’est une marque d’amour. Toi aussi, offre cette semaine un cadeau à quelqu’un que tu aimes.

Prière du soir

Seigneur Jésus,

En union de prière avec tous les enfants qui veulent Te rencontrer, je te remercie pour cette journée qui s’achève. Merci pour cette nuit de Noël, pendant laquelle tu T’es rendu présent parmi nous. Apprends-moi à savoir T’adorer et me prosterner devant Toi comme les rois mages, car en ce petit Jésus qui vient de naître, Tu es le Dieu tout puissant.

Je te confie ma nuit.

Protège papa, maman… et tous ceux que j’aime.

Amen.

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