Société

Pourquoi n’arrivons-nous pas à profiter de l’instant présent ?

Arrêtons de passer à côté de notre vie.

Pourquoi n’arrivons-nous pas à profiter de l’instant présent ?

© Jeffrey Bruno for Aleteia

Il y a un an, quand le pape François s’est rendu aux États-Unis pendant une semaine, une photo très parlante a circulé sur les réseaux sociaux. Pour une fois, ce n’était pas une photo du souverain pontife tout sourire en train d’arpenter les rues dans sa papamobile. Non, c’était une photo de la foule de spectateurs impatients, agglutinés derrière les portiques de sécurité. Des dizaines de personnes furent photographiées en train d’essayer frénétiquement de trouver le meilleur angle possible, de sélectionner leur filtre, de démarrer une vidéo, de zoomer, de dézoomer, tout cela dans le but d’immortaliser le moment du passage du Pape. Mais ce moment fugace fut passé avant même qu’elles ne s’en rendent compte. Ont-elles réellement profité de ce moment ? Est-ce que ce fut pour elles une expérience mémorable ? Probablement pas.

Sauf une 

Mais il semblerait qu’une femme en ait profité. Sur la photo, au milieu de cette frénésie de photographes avides, une toute petite femme aux cheveux gris sourit. À peine assez grande pour voir au-dessus de la barrière, elle n’a ni appareil photo ni caméra. Juste une femme, image de sérénité, en train de vivre pleinement ce moment extraordinaire.

Combien de fois notre vie de prière – notre rencontre intime et sacrée avec Dieu – fait-elle penser à toutes ces personnes ? Combien de fois sommes-nous distraits, tâtonnants, pas pleinement présents ? Combien de fois passons-nous à côté de la richesse de cette rencontre parce que nous sommes trop occupés, trop anxieux, ou parce que nous sommes convaincus que notre façon de fonctionner est la bonne ?

Plus capable d’entendre Dieu 

Le pape Benoît XVI a fait observer un jour que « nous ne sommes plus capables d’entendre Dieu. Trop de fréquences emplissent nos oreilles ».

Il nous faut du calme. Nous devons prendre du recul par rapport à tout ce bruit, ces informations, toutes ces différentes opinions, ces émotions, ces emplois du temps, ces attentes, et simplement être en présence de Dieu. Quand le Seigneur dit : « Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu » (Ps 45, 11), notre premier devoir est de nous arrêter.

Pour connaître Dieu et nous connaître nous-même, il nous faut cultiver le silence dans nos vies. C’est la seule manière pour nous de pouvoir réfléchir et grandir. C’est la seule manière de nous ouvrir à la volonté de Dieu. Soren Kierkegaard a admis qu’il fallait qu’on « laisse place au calme et à l’isolement dans lesquels l’Éternel peut révéler une expansion divine… Il est vrai qu’un miroir permet à un homme d’y voir son image, mais pour cela il faut qu’il s’arrête devant. S’il passe rapidement, il ne verra rien ».

Mettez-vous au calme

Alors mettez-vous au calme. Éteignez la télévision, rangez vos I-Phones, coupez la radio, isolez-vous… et soyez simplement en présence de Dieu. Au début, ce sera déconcertant, oppressant, vous trouverez même ce silence assourdissant. Mais très vite, vous y ressentirez l’apaisement. Et cela vous apportera du réconfort. Vous allez sentir que vous êtes à l’orée d’un vaste espace sacré et fertile où vous pourrez dialoguer avec Dieu en toute simplicité. Parlez-Lui de votre journée. Parlez-Lui de votre famille. Exprimez vos peurs. Confessez vos défauts. Brandissez le poing. Remerciez-Le. Dites-Lui que vous allez essayer de faire mieux. Parlez-Lui, tout simplement.

Et il répondra, mais il faut être attentif, très attentif. Après quelques minutes ou quelques années, d’une manière simple ou complètement inattendue, il répondra.

Soyez donc comme la petite dame souriante de la photo, qui observe tranquillement ce qui se passe autour d’elle tout en s’en imprégnant profondément.

Arrêtez-vous.

Oui.

« Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu ».

Publicité
Publicité