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« Noël est pris en otage, libérons-le ! »

© Antoine Mekary / ALETEIA
Pope Francis greets the crowd during his weekly general audience on February 10, 2016 at St Peter's square in Vatican.
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Le pape François a célébré la Messe de la nuit de Noël, dans une basilique Saint-Pierre pleine à craquer.

« Laissons-nous interpeller par l’Enfant dans la mangeoire, mais laissons-nous interpeller aussi par des enfants qui, aujourd’hui, ne sont pas couchés dans un berceau et caressés par la tendresse d’une mère et d’un père, mais gisent dans les sordides « mangeoires de la dignité », dans le refuge souterrain pour échapper aux bombardements, sur les trottoirs d’une grande ville, au fond d’une embarcation surchargée de migrants », a exhorté le pape François en célébrant la messe de la nuit de Noël, au Vatican. Dans la basilique Saint-Pierre, des milliers de fidèles, dont beaucoup n’avait pas hésité à faire des heures de queue pour être sûr de pouvoir y assiter. A son arrivée, comme chaque année, le Saint-Père a embrassé la statuette de l’Enfant Jésus, au pied de l’autel de la confession.

Noël pris en otage

« Laissons-nous interpeller par les enfants qu’on ne laisse pas naîtrepar ceux qui pleurent parce que personne ne rassasie leur faim, par ceux qui ne tiennent pas dans leurs mains des jouets, mais des armes », a poursuivi le Pape à l’homélie. Rappelant que « Jésus est né dans le refus de certains et dans l’indifférence de la plupart » , le souverain pontife a fait un parallèle entre lui et tous ces enfants, et entre tous les « petits », les « fragiles » de la société, victimes de cette même indifférence « quand Noël devient une fête où les protagonistes sont nous, au lieu de Lui ; quand les lumières du commerce jettent dans l’ombre la lumière de Dieu ; quand nous nous donnons du mal pour les cadeaux et restons insensibles à celui qui est exclus ». Cette mentalité « a pris en otage Noël », a déploré François  en sortant de son texte, « à nous de le libérer », a-t-il exhorté d’un air grave.

Le véritable esprit de Noël

« Laissons-nous toucher par la tendresse qui sauve ; approchons-nous de Dieu qui se fait proche, arrêtons-nous pour regarder la crèche, imaginons la naissance de Jésus : la lumière et la paix, la plus grande pauvreté et le refus », a insisté le Pape. Car Dieu, venait-il de rappeler, n’est pas apparu « dans la salle noble d’un palais royal, mais dans la pauvreté d’une étable ; non dans les fastes de l’apparence, mais dans la simplicité de la vie ; non dans le pouvoir, mais dans une petitesse qui surprend. Et pour le rencontrer il faut aller là, où il se tient : il faut s’incliner, s’abaisser, se faire petits ». Et c’est pourquoi L’Enfant qui naît nous interpelle : « Il nous appelle à laisser les illusions de l’éphémère pour aller à l’essentiel, à renoncer à nos prétentions insatiables, à abandonner l’insatisfaction pérenne et la tristesse pour quelque chose qui toujours nous manquera ».

D’inviter alors chaque croyant  à entrer dans Noël avec les bergers, « les exclus d’alors », pour savourer avec eux, en Jésus, « le véritable esprit de Noël : la beauté d’être aimés de Dieu ». Leur garantissant à tous que « laisser ces choses pour retrouver dans la simplicité de Dieu-enfant la paix, la joie, le sens de la vie », ne peut que faire du bien. Les bergers l’ont compris, cette nuit-là : personne n’est exclu aux yeux de Dieu. Comme eux, « nous aussi, laissons-nous interpeller et convoquer cette nuit par Jésus, allons à Lui avec confiance, à partir de ce en quoi nous nous sentons exclus, à partir de nos limites », a-t-il fortement encouragé.

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