Spiritualité

Pourquoi fêter Noël un dimanche tombe assez mal ?

Et tous les autres jours de la semaine aussi.

Pourquoi fêter Noël un dimanche tombe assez mal ?

©Norbert Mereg

Découvrez le dialogue surprenant entre un père et son enfant.

« Il y a quelque chose qui cloche avec Noël cette année, » m’a dit soudain un de mes enfants.

-« Zut. Pourquoi ? » ai-je demandé.

-« Parce que le dimanche, on a déjà l’habitude de se préparer et d’assister à la messe. »

-« Ah, » ai-je dit. « Mais il faut que tu te rendes compte que Noël ne tombe jamais bien, peut importe le jour de la semaine. »

-« Comment ça ? »

-« Pense à quel point fêter Noël un lundi est absurde, » dis-je.

-« Hum, …c’est pas terrible », dit-il.

-« Combien de temps va durer la dernière semaine de l’Avent cette année ? »

-« Bah une semaine voyons. »

-« Exact. Et quand Noël est un lundi, combien de temps dure la dernière semaine de l’Avent ? »

-« Un seul jour. Juste le dimanche. Tu as raison, c’est bizarre ! »

-« Et si Noël est un mardi ? » ai-je demandé ?

-« Oui ? »

-« Quel est le lundi avant le mardi de Noël ? »

-« La veillée de Noël. »

-« Et le jour d’avant ? »

-« Un dimanche, donc un jour de messe. »

-« Tout à la suite comme ça, c’est beaucoup trop. »

-« Hum », a répondu mon enfant. « C’est vrai que ça semble stupide de fêter Noël un mardi. »

-« Mais oui », dis-je. » « Mais Noël le mercredi, c’est pire. »

-« Comment ça ? »

-« Quand Noël est le mercredi, c’est une interruption, on a même pas une semaine entière pour s’y préparer. C’est comme si Noël surgissait de nulle part. »

-« Peut-être, » dit mon enfant. « Et personne ne veut assister à une longue messe un mercredi. »

-« Hors de question ! » dis-je. Puis en réfléchissant d’avantage, j’ajoutais : « Enfin, peut-être que certaines personnes s’en moquent… ».

-« Par contre, il n’y a pas de problème à fêter Noël un jeudi, » dit l’enfant avec enthousiasme.

-« C’est vrai qu’il n’y aurait rien de bizarre à fêter Noël un jeudi, si Thanksgiving n’existait pas, »dis-je.

-« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

-« Quand Noël tombe un jeudi, c’est toujours exactement quatre semaines après le jeudi de Thanksgiving. »

-« Et alors ? »

-« Et bien Thanksgiving ressemble beaucoup à Noël : on se rassemble en famille autour d’un repas un peu spécial. Je pense qu’il faut qu’il s’écoule plus de temps entre les deux, un peu comme les cinq semaines d’intervalle qu’il y a cette année. »

-« Ok, là c’est un dilemme. »

J’allais répondre, mais mon enfant était déjà lancé.

-« Par contre je pense voir où tu vas en venir avec Noël le vendredi, » dit l’enfant.

-« Ah bon ? »

-« Oui. Noël est tombé un vendredi l’année dernière, et du coup on a pas eu de week-end de libre. »

-« Qu’est ce que tu veux dire par week-end de libre ? »

-« Et bien, à Noël on a généralement quelques jours de congé qui nous permettent d’essayer ce qu’on nous a offert. L’année dernière, Noël est tombé un vendredi et c’était comme un week-end normal, mais avec plus d’excitation. »

-« Exactement. Et Noël un samedi est comme un dimanche de messe normal, mais plus exalté. »

-« Oui ! Deux jours de longues messes d’affilés ! »

-« Donc tu vois, mon enfant, Noël tombe mal tous les jours de la semaine. »

-Et là, je l’ai vu : le roulement d’yeux au ciel. « Ok, c’est bon vas-y, dis moi tout, » dit l’enfant.

-« Te dire quoi ? »

-« Je sens que tu as envie de me donner une leçon de spiritualité. »

-« Pourquoi tu dis ça ? »

-« Parce que c’est ton truc, papa. »

– » C’est vrai, je pense que c’est tout a fait juste spirituellement que Noël ne tombe jamais parfaitement bien. »

-« Et la raison est … » ?

-« Le mercredi des Cendres est toujours le mercredi, comme il se doit : le mercredi est donc un jour de pénitence. Pâques est toujours le dimanche, et ça tombe bien aussi. Ça tombe tellement bien, que tous les dimanches sont imprégnés de la « dimanchité » de pâques. »

-« Je pense vraiment  que « dimanchité » n’est pas un mot qui existe, papa. »

-« Et c’est normal de fêter Thanksgiving les jeudis. »

-« Tout ça est un peu tiré par les cheveux, papa. Mais vas-y continue. »

-« Merci bien », dis-je. « Tu te souviens de ce qu’on a entendu le premier dimanche de l’Avent ? Jésus viendra comme un … »

-« Comme un voleur dans la nuit ? »

-« Exactement. Jésus est apparu exactement comme il l’avait annoncé, mais il vient toujours à un moment inattendu, et de façon inattendue. Ça ne tombe jamais bien. »

-« Et en même temps, c’est toujours le bon moment. »

-« C’est exactement ce que j’allais te dire ! »

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