Religion

Le nombre incroyable de pays subissant des persécutions religieuses

En Chine, deux-mille croix ont été enlevées des églises, en Inde une récompense est donnée à ceux qui convertissent des fidèles à l’hindouisme...

Le nombre incroyable de pays subissant des persécutions religieuses

© Mohammed ABED / AFP

Dans certains pays du monde, les religions sont quasiment proscrites. Dans d’autres pays, il n’est possible que de croire en un dieu, et ceux qui pensent différemment risquent leur vie. Ce sont des pays où le mot « persécution » résonne. Si l’on pouvait attribuer un prix pour cette triste primauté, la Corée du Nord le remporterait sans aucun doute : là-bas « chrétien » est synonyme « d’ennemi », et les croyants sont internés dans des camps de travail. La seule divinité dont le culte est permis est la dynastie Kim. L’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Nigeria du nord, la Syrie et la Somalie partagent aussi cette triste intolérance. « Ce sont des pays dont on ne peut imaginer pire situation », a affirmé l’italien Alessandro Monteduro, directeur de l’AED, « Aide à l’Église en Détresse » en Italie, lors de la présentation du XIIIe rapport sur la liberté religieuse dans le monde. Deux phénomènes ont été mis en évidence dans la période qui couvre juin 2014 à juin 2016 : l’émergence d’acteurs non étatiques responsables des persécutions (organisations fondamentalistes ou militantes) et « un nouveau phénomène de violence fondé sur la religion, qui peut être décrit comme “hyper extrémisme islamique” ».

L’ « hyper extrémisme » est en train d’effacer toute forme de diversité religieuse

Depuis 2014, « des violentes attaques islamistes ont eu lieu partout dans le monde, dans près d’un pays sur cinq. » En Syrie et en Iraq, cet « hyper extrémisme » est en train d’effacer toute forme de diversité religieuse et menace de faire de même dans de grandes régions d’Afrique et d’Asie du Sud. Le rapport montre qu’à ce jour 38 pays subissent des persécutions religieuses. C’est une véritable bande rouge qui vient tâcher la carte de l’Afrique du Nord, la corne de l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. En Chine, deux-mille croix ont été enlevées des églises. En Inde, une récompense est donnée à ceux qui convertissent des fidèles à l’hindouisme. La Somalie a donné naissance aux terroristes qui ont organisé le massacre de l’Université de Garissa au Kenya. Parmi les victimes se trouvait une étudiante qui préparait une thèse sur le dialogue interreligieux. En Iraq, Daesh a établi une véritable liste de « mises à prix » des femmes Yazidis, dont l’AED a demandé la reconnaissance du génocide, tout comme s’était levée la demande de justice pour Asia Bibi, la femme pakistanaise condamnée à mort pour blasphème.

 L’Europe sur le plan culturel veut « expulser Dieu de la société »

Mgr Jacques B. Hindo est l’archevêque syro-catholique de la ville d’Hassaké-Nisibe en Syrie. La ville de Rakka, capitale de l’État Islamique, fait également partie de son diocèse. Il a des mots durs sur ce sujet : « L’Islam – et pas seulement Daesh – ne connaît pas la liberté de conscience, la liberté de culte. » Il n’y a pas d’un côté les « méchants » de Daesh et de l’autre les « modérés » des autres groupes islamistes, « ils ont tous la même idéologie », a-t-il affirmé en pointant également du doigt les États-Unis, l’Europe et l’Arabie Saoudite, qui les financent. Mais il a aussi conscience d’être « l’évêque de tous et de ne pouvoir faire de distinction entre les chrétiens, les musulmans, et les nestoriens. » La main de « l’hyper-terrorisme islamique » a également touché l’Europe, et principalement la France et la Belgique. Mais il y a aussi une « guerre » à l’intérieur de l’Europe sur le plan culturel : celle qui veut « expulser Dieu de la société », comme l’a affirmé le cardinal Mauro Piacenza, Président de l’AED Internationale.

« Notre arme c’est l’espérance »

« La liberté religieuse joue son rôle dans les relations entre les hommes. La liberté religieuse est fondée sur la raison et la vérité qui, avec elle, sont les prérequis de la démocratie », contrairement au relativisme culturel dominant, qui est « le terrain le moins propice à garantir la liberté religieuse. » Les initiatives de sensibilisation de l’AED continuent avec, après l’illumination de la cathédrale de Westminster en novembre, la statue du Christ Roi, qui domine Rio de Janeiro, qui sera éclairée en rouge. Une tentative qui, comme l’a été la publication du rapport, vise à sensibiliser sur les persécutions et l’importance de la liberté religieuse. Le travail de formation et de soutien économique aux pays touchés continue. Après l’assassinat du père Hamel, l’AED a mis à disposition mille bourses d’études pour la formation des prêtres. Comme l’a affirmé Alessandro Monteduro : « Notre arme c’est l’espérance ».

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