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Et si on fêtait Noël à Damas ?

© Nadine Sayegh Zelhof
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Cinq ans après le début de la guerre, les Syriens ont plus que jamais envie de célébrer Noël.

En dépit de cette guerre qui dure maintenant depuis plus de cinq ans, la communauté chrétienne syrienne tient à célébrer, comme il se doit, la fête de Noël. Par cet événement festif et joyeux, fête du don et du partage, les Syriens veulent partager avec les leurs le message universel de paix et d’amour que porte Noël, pour vaincre à leur façon cette violence qui domine sur leur territoire.

Dès la dernière semaine du mois de novembre, en parcourant les rues de Damas, on peut tomber sur des marchés de Noël, sur des sapins décorant les rues de la ville, des mamans en train de finir les dernières décorations de leur maison et aussi sur des associations réunies pour la distribution d’habits et de produits de première nécessité aux pauvres.

À Kaza Fikra, par exemple, chez Nouha et Rana où l’ambiance de fête est au rendez-vous. Leur boutique vend de tout, des produits importés, ou locaux, artisanat et fait maison, et tout accessoire nécessaire et utile pour la maison.

« Au début j’étais seule avec Nouha » dit Rana. « Petit à petit on s’est retrouvé avec une douzaine de fournisseurs qui venaient nous présenter leur marchandise. Sans se rendre vraiment compte, on a éveillé cet esprit de création et on a boosté le marché  économique ».

« J’ai très confiance en cette saison pour différentes raisons. Déjà, en faisant mes comparaisons, je me rends compte que d’une année à l’autre, les ventes sont en nette croissance. Aussi, il faut dire que les gens ont envie de vivre la fête, rien que pour sortir de leur quotidien lourd et incertain. Et finalement, beaucoup de jeunes talents viennent fréquemment nous voir pour présenter leur créativité » rapporte Nouha.

Les pires années sont passées

À part les décorations qui dominent cette fête, il y a aussi la pâtisserie qui se fait à cette occasion et bien sûr les bûches traditionnelles. Rania, une jeune syrienne de 40 ans, travaille seule avec son mari dans la pâtisserie depuis des années. Pour les fêtes de fin d’année, ils essayent d’être créatifs dans leur production pour pouvoir tout écouler dans les marchés de Noël. « La production et la commercialisation sont en excellente santé » confirme-t-elle. « Aucun changement pour nous, même pendant ces cinq années de guerre. Notre seul problème était comment se procurer la matière première à prix convenable ; mais comme tout a augmenté ses derniers temps, on était obligé d’augmenter nous aussi nos prix : si on veut garder le même niveau de production et la même clientèle, on doit suivre le marché. Et il faudrait bien rentabiliser le prix du fuel qu’on utilise pour faire fonctionner le groupe électrogène, car notre atelier est en banlieue de Damas et le courant laisse à désirer ! »

Quant à Hambar, un grand pâtissier syrien, d’origine arménienne, lui reconnaît que les pires années sont passées. « Celles de 2012 à  2014 où on avait du mal à trouver une  main d’œuvre qualifiée, en plus de toutes les difficultés rencontrées au quotidien, comme les sanctions imposées par l’étranger, la cherté de vie, les obus qui tombaient dans tous les sens, ou bien les coupures de courant. Cette année, 2016, on sent que la demande est repartie par le nombre de commandes faites pour les fêtes de fin d’années. Aussi il faut reconnaître qu’un certain nombre de mes anciens clients est revenu, et les gens ont envie de fêter Noël ! »

Il poursuit cependant d’un ton nostalgique : « Avant, on se procurait toutes les décorations de la bûche de l’étranger. On était réputé pour notre bûche traditionnelle, faite à la française. Maintenant on continue à produire bien sûr, mais avec les produits locaux, qui sont beaucoup moins sophistiqués et avec la matière première locale, comme le beurre de cacao qui remplace le chocolat. »

À Damas, comme partout ailleurs, le plan B est en action, car la volonté de vivre dépasse toute limite. Une volonté accompagnée de prière pour la paix et pour la reconstruction entière du pays !

Noël à Damas en images :

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