Le calendrier de l'Avent

Réussir à reconnaître Dieu dans notre quotidien

Retrouvez chaque dimanche de l'Avent l'homélie de l'Abbé Gaëtan de Bodard, curé dans la Sarthe (72).

Réussir à reconnaître Dieu dans notre quotidien

© Jean-Matthieu GAUTIER/CIRIC

Il y a un adage latin qui dit : « Bis repetita placent »  « les choses répétées deux fois plaisent ». Très concrètement, cela nous rappelle qu’il faut répéter souvent les choses pour qu’elles soient entendues, qu’elles entrent dans les mémoires et soient intégrées. Les parents, grands-parents et éducateurs le savent bien… Alors, je me répète : le premier dimanche de l’Avent, nous étions invités à la vigilance, à l’attention. La semaine dernière, pour la deuxième semaine, c’est la conversion du cœur qui était mise en avant – et par conséquent de nos habitudes : quand on s’est décidé à devenir ami du Christ, ça doit se voir dans notre façon de vivre ! Et bien tout cela, cela nous rend heureux et c’est le leitmotiv de ce troisième dimanche de l’Avent : la joie !

Il peut être utile de rappeler qu’il y a deux formes de joie : la joie qui passe, superficielle, momentanée, celle par exemple liée à la dégustation d’un bon gâteau au chocolat ou qui se vit au moment de l’ouverture des cadeaux de Noël, ou lors d’un spectacle de comique bien ficelé. Ça fait du bien par où ça passe mais, honnêtement, c’est éphémère, même si le bon souvenir de cet événement peut rester calé dans une petite case de notre mémoire. Beaucoup plus important que cette joie passagère, il y a ‚ la joie intérieure, profonde, qui perdure, j’ai presque envie de dire « inaltérable ». Cette joie, c’est une participation à la joie du Ciel, un avant-goût du paradis. Cette joie, elle vient de Dieu, cette joie, c’est Dieu qui passe incognito dans nos vies, Dieu qui est à l’œuvre, Dieu qui sème Sa joie dans les cœurs et les vies.

Alors évidemment, cette joie, il faut être capable de la voir, de la goûter pour mieux en vivre et la partager. C’est à nouveau Jean-Baptiste qui va nous aider à approfondir le sujet, comme la semaine dernière. Les choses se sont singulièrement compliquées pour lui. Le voici au cachot pour s’être attaqué au style de vie du roi. Celui-ci a moyennement apprécié l’intervention du baptiste et l’a fait jeter en prison. C’est une période de doutes, de questionnements et d’interrogations pour le Baptiste : il se remet en cause et se demande s’il ne s’est pas trompé. C’est pour cela qu’il envoie de ses disciples, de ceux qui lui sont restés fidèles auprès de Jésus dont on parle tant et dont les paroles et les actions parviennent jusqu’à lui. Est-ce bien Lui l’Envoyé du Ciel, le Messie tant attendu. La réponse de Jésus est fulgurante : « Ouvrez les yeux et voyez Dieu qui est à l’œuvre à travers Moi : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »

C’est Dieu qui est à l’œuvre !

Encore aujourd’hui, Dieu est à l’œuvre : Il agit, guérit, relève, console, accompagne. Le seul hic, c’est que, trop souvent, nous ne sommes plus capables de le voir. Si j’allume la télé ou la radio, il n’est question que de guerres, d’accidents, de terrorisme, de polémiques. C’est vrai que cela existe, c’est vrai aussi que cela est douloureux, cause de peine de tristesse et d’angoisse. Mais il y a aussi tous les à-côtés que ne citeront jamais les présentateurs du 20 heures : les services rendus à notre voisin – c’est Dieu qui est à l’œuvre ! –, l’attention aux autres – c’est Dieu qui est à l’œuvre ! –, une naissance dans une famille – c’est Dieu qui est à l’œuvre ! –, les efforts faits par un petit enfant pour l’obéissance à la maison ou le travail scolaire – c’est Dieu qui est à l’œuvre ! –, les paroissiens qui mouillent la chemise au presbytère – à travers leur générosité, c’est Dieu qui est à l’œuvre !

Et la préparation au baptême de Nadège, de Venissia et d’Anthony vécue la semaine dernière, le baptême ce dimanche d’Ysée, Jules et Milo, c’est Dieu qui agit dans leur âme, source de joie. La vraie joie, elle est là : Dieu est à l’œuvre, en Jésus, par Son Esprit-Saint. Il procure Sa grâce par les sacrements, Il Se donne à la Messe, dans la confession, dans le sacrement des malades. La grâce de Dieu se donne très largement, au-delà de ce que nous pouvons imaginer. Il suffit de la demander humblement et d’accepter de la recevoir !

Cette joie descend profondément en nous : elle se blottit dans notre âme qu’elle tapisse, qu’elle enveloppe. Et c’est cette joie authentique qui nous permet de tenir dans les coups durs : l’océan est parfois sacrément agité en surface – au point de bousculer les éléments – mais le fond, lui, ne bouge pas : il reste stable. Des épreuves, des coups de Trafalgar, nous en vivons tous, qui parfois nous secouent durement et nous déstabilisent. Mais si je suis accroché au Christ, ma joie demeurera Je sais bien qu’à la fin, la seule chose, ou plutôt le seul qui restera, c’est Jésus, Jésus devant qui je viendrai me présenter : Il est mon point d’accroche, mon bouclier, ma citadelle pour reprendre les mots du psalmiste. Alors, vous qui êtes venus à la Messe, vous qui avez goûté à cette joie du Ciel, les mots du prophète s’adressent à vous, comme un envoi en mission : « Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,  dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu. » » car à travers vous, c’est encore et toujours Dieu qui est à l’œuvre !


Retrouvez sur le site des communautés paroissiales de Fresnay-sur-Sarthe, Oisseau-le-Petit et Sougé-le-Ganelon l’homélie de l’Abbé Gaëtan de Bodard ou suivez le sur Twitter.


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