Église

La maturité affective et « l’équilibre mental et du cœur » réaffirmés dans la formation des prêtres

Un nouveau document sur la formation sacerdotale, approuvé par le Pape, vient de sortir.

La maturité affective et « l’équilibre mental et du cœur » réaffirmés dans la formation des prêtres

© VINCENZO PINTO / AFP

Depuis les années 1970, date de la première Ratio fundamentalis, et un ajustement en 1985, sur la formation des prêtres, le contexte historique socio-culturel et ecclésial mondial a beaucoup changé, faisant apparaître de nouveaux besoins spirituels au sein du peuple de Dieu, et une vision du sacerdoce qui, face au défi de la Nouvelle évangélisation, nécessitent l’élaboration d’un nouveau document sur la formation des futures prêtres. C’est en ces termes, que la congrégation pour le clergé a expliqué la sortie, le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception, du document sur Le don de la vocation presbytérale, approuvé par le Pape le 13 octobre dernier, rapporte l’agence I-Media.

La formation des prêtres a besoin d’être « relancée, rénovée et remise au centre », affirme en préambule le cardinal Beniaminio Stella, préfet de la congrégation. Dans un entretien à 1985, auquel est joint le document, le haut responsable du Saint-Siège, espère que ce document deviendra « un guide efficace » pour la « formation intégrale » du prêtre, c’est-à-dire une formation capable d’unir « de manière équilibrée » les dimensions « humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale » du sacerdoce, a-t-il précisé, à une époque marquée par de rapides mutations humaines et sociologiques.

Le préfet rappelle que l’attention apportée aux prêtres et à leur formation est un « aspect fondamental de l’action ecclésiale  » du pontificat de François.

Formation humaine 

Parmi les nouveautés de ce nouveau « guide », le fort accent mis sur la dimension humaine du sacerdoce : « On ne saurait être prêtre sans un équilibre mental et du coeur, et sans maturité affective », commente le cardinal Stella, « toute lacune ou problématique non résolue dans ce domaine risque d’être gravement délétère pour la personne et pour le peuple de Dieu ».

Dans ce contexte, les évêques et les formateurs ont une grande responsabilité et sont appelés à exercer une « vigilance perspicace » sur l’identité des candidats, sans hâte ou superficialité, sans « automatisme » non plus. Le document réaffirme notamment que l’Église ne peut admettre au sacerdoce les personnes ayant des « tendances homosexuelles profondément enracinées ».

Dans la perspective de cette formation humaine, la Ratio insiste sur la nécessité d’une période de vérification – la propédeutique – avant même l’entrée au séminaire. Puis le cursus du séminaire lui-même est ré-organisé en trois étapes : celle du « disciple »  qui correspond aux études philosophiques, celle de la « configuration », qui correspond aux études théologiques, et celle enfin de la « synthèse vocationnelle », plus pastorale.

L’objectif, ajoute le cardinal Stella, est « d’avoir des prêtres aux manières aimables, authentiques, fidèles, libres intérieurement, stables émotionnellement, capable de tisser des relations pacifiées et de vivre les conseils évangéliques, sans raideur, sans hypocrisie ni échappatoire ».

Vie intérieure

Le prêtre, poursuit le préfet de la congrégation pour le clergé, n’est pas « un homme d’action, un leader, un organisateur religieux ou un fonctionnaire du sacré », mais un « disciple amoureux du Seigneur », dont la vie et le ministère sont fondés sur une relation intime avec Dieu et une configuration au Christ bon pasteur.

Il leur faut ainsi cultiver la vie spirituelle « avec discipline » et en lui consacrant du temps, à travers notamment la direction spirituelle – la leur et celle de leurs fidèles. Dans ce domaine, le cardinal Stella insiste sur la nécessité d’un « discernement clairvoyant » dépourvu de toute « rigidité ».

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