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N’oubliez pas d’en rire

Avoir de l’humour peut sauver votre intimité et déjouer les plans de la tragédie.

N’oubliez pas d’en rire

Société Nouvelle de Cinématographie (SNC) / Tritone Cinematografica

Comme disait Woody Allen : « Il n’y a que deux sortes d’humour : le comique de répétition et le comique de répétition ». À la longue, il faut savoir avoir de l’humour dans le quotidien du couple. Des petits ratés aux exploits inattendus, des maladresses aux gestes saugrenus, des malaises de situation quand le lieu, le moment, l’état de santé ne permet pas d’avoir le meilleur moment pour un geste de tendresse. La liste peut être longue et c’est inévitable, mais surtout, ce doit être des occasions d’en rire au lieu de s’en irriter.

Il n’y a pas qu’au théâtre ou au cinéma qu’une situation de couple peut être cocasse, où le ridicule vient soulever le rire et désembuer la pesanteur qui pèse parfois sur les relations amoureuses. Même si vous n’avez pas de spectateurs à vos trousses vous pouvez endosser ces rôles pour éviter de tourner à la tragédie. L’amour est sérieux, la relation sexuelle d’autant plus, car elle vient vous chercher dans votre plus grande intimité et qu’elle est le lieu d’échange par excellence. Mais la recherche de perfection est illusoire. Parfois, les rythmes et les désirs de chacun diffèrent. Yves Sémen, dans son livre La sexualité selon Jean-Paul II, explique que « toute la vie de l’homme peut se résumer dans la tentative de la conquête d’un équilibre qui restera toujours précaire, imparfait et inachevé entre ces deux dimensions de son être (corps et esprit) qu’il ne parvient pas à faire coexister de manière harmonieuse ». Cette tension peut provoquer des irritations intérieures, pourtant elle a un côté rassurant qui nous rappelle à notre condition d’être humain. Et quand on est deux, cela redouble. Mais on peut en rire.

Le rire, une source d’émerveillement

L’humour est synonyme de joie et non de moquerie, et la joie est la finalité de la relation intime entre l’homme et la femme. Comme le rappelle Marc (7, 14-23), ce n’est pas ce qui entre dans la bouche de l’homme qui le souille mais ce qui en sort. Les questions de pureté ne sont pas à lier au corps de l’homme, mais au cœur de l’homme qui se laisse tromper. La délicatesse est donc de mise. C’est aussi une manière de ne pas se renfrogner dans son coin et un bon outil de dialogue finalement.

La légèreté de l’amour, par le bonheur qu’il procure est un précieux rempart contre ces zones d’ombre où peut aller notre cœur. Alimenter et expérimenter la joie et l’humour dans la sexualité invite à l’humilité, car le plaisir n’est pas forcément corporel mais peut l’être au niveau du cœur, heureux d’aimer par-dessus tout. C’est le meilleur remède contre l’orgueil. En se réjouissant de la présence de l’autre, de son contact, en riant des maladresses communes, des situations gênantes, la complicité se renforce et la pression érotique baisse. De plus, « bannir le jeu et le rire du lit de l’amour peut conduire à adorer une fausse déesse » assure Clive Staples Lewis dans Les Quatre Amours, pour prévenir le danger d’ériger la chair en divinité. Alors autant ne pas s’en priver.

Rire est une belle invitation pour l’autre, il peut ramener le sourire, et avec lui le désir.

Voici la description d’une belle évolution qui amène au rire, de Girolamo Fracastoro dans De sympathia (1546), moins péjoratif à ce sujet que ses contemporains : « Les choses qui nous poussent à rire doivent apparaître devant nous soudainement et de façon inattendue. Quand cela se produit, nous éprouvons un sentiment d’admiration, qui à son tour crée en nous un sentiment de joie et de plaisir. L’inattendu produit l’admiration, l’admiration produit la joie, et c’est la joie qui nous fait rire ». En fin de compte, le rire est une source d’émerveillement et c’est aussi ce à quoi nous appelle le Créateur en nous offrant la sexualité.

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