Exposition

Les plus beaux trésors des collections baroques de Salzbourg

Actuellement exposés au musée du Louvre.

Les plus beaux trésors des collections baroques de Salzbourg

Johann Michael Rottmayr, Triomphe de la Vierge immaculée, 1697. Huile sur toile, 148,5 x 223 cm. Salzburg Museum © Salzburg Museum / Rupert Poschacher

Sur les rives autrichiennes de la Salzbach, la ville de Salzbourg reste encore aujourd’hui l’un des joyaux de l’art baroque européen. Administrée par ses princes archevêques, cette cité millénaire surnommée « la Rome du Nord » était un important foyer de création. L’exposition du musée du Louvre présente environ 80 œuvres réparties en deux salles qui témoignent de la grandeur de l’art baroque à Salzbourg de la fin du XVIe au XVIIIe siècle.

 Histoire d’une ville baroque

Fondée par saint Rupert, la ville de Salzbourg devient un archevêché à la fin du VIIe siècle. Dès l’an 1 000, la cité est considérée comme l’un des principaux points d’appui du Saint-Empire romain germanique ; puis au XIIIe siècle, la ville enrichie par l’extraction du sel, prend le statut de principauté ecclésiastique. A partir de la fin du XVIe siècle, elle connaît deux importantes phases de construction baroque : la première italianisante, et la seconde d’inspiration plus germanique. En effet, de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle, Salzbourg est très influencée par l’art italien. Il faut dire que le nouveau plan d’urbanisme est alors pensé par Wolf Dietrich, un petit fils des Médicis. Cinq places devaient être conçues autour d’une cathédrale imaginée pour rivaliser avec la basilique Saint-Pierre de Rome et des palais des princes-archevêques. Les travaux ne furent finalement véritablement lancés que par le successeur de Dietrich, son neveu Markus Sittikus qui reprit le plan avec une ambition amoindrie. La cathédrale est finalement consacrée en 1628 et demeure un exemple majeur d’architecture italianisante au nord des Alpes. Dans la première salle de l’exposition, une maquette de Johann Rupert Fontaine, datée vers 1795, permet d’apprécier la situation géographique de la ville et l’incroyable position de la cathédrale qui domine la cité. Des œuvres baroques au réalisme exacerbées sont aussi présentées comme témoins de « l’art total » porté par les princes-archévêques de Salzbourg.

Du baroque italianisant au baroque germanique

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, l’influence italienne est très présente dans la construction des nouveaux édifices, pour la cathédrale certes, mais aussi pour les églises Saint-Gaëtan et Saint-Erhard construites selon un plan centré par l’architecte Zuccalli. À partir de 1687, un baroque plus germanique prend le dessus sur l’italianisme ambiant. Les architectes Johann Bernhard Fischer von Erlach et Johann Lucas von Hildebrandt embellissent la ville et mènent à terme des chantiers monumentaux de palais, églises et châteaux. L’exposition dévoilent des œuvres de cette époque destinées à l’ornementation de la ville et de ses édifices, tel un splendide ostensoir dit « pretiosenmonstraz » en or coulé et repoussé, émail et pierre précieuses. Commande du prince archevêque von Thum, l’objet est exécuté en 1697 par l’orfèvre Ferdinand Sigmund Amende.

Les artistes baroques de Salzbourg

La deuxième salle de l’exposition invite les visiteurs à découvrir les principaux artistes, peintres et sculpteurs, qui ont travaillé à l’ornementation des édifices de Salzbourg. Des œuvres des deux fondateurs du baroque autrichien, Johann Michael Rottmayr et Martino Altomonte, sont présentées, ainsi que celles du fresquiste à la palette ténébriste, Paul Troger, et du peintre Kremser-Schmidt dont le goût pour une peinture plus épurée annonce déjà l’esthétique néoclassique. Du côté des sculpteurs, on retiendra Johann Meinrad Guggenbichler dont un impressionnant « Christ de douleur » est exposé. Ces œuvres, premières pensées et esquisses plus ou moins abouties, témoignent du processus de création mis en place par ces artistes baroques, révélant la beauté du « geste baroque ».

Informations : 

Geste baroque. Collections de Salzbourg, du 20 octobre 2016 au 16 janvier 2017 au musée du Louvre (salles Mollien) à Paris.

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