Le calendrier de l'Avent

La vigilance, c’est comme la bagnole : ça s’entretient

Retrouvez chaque dimanche de l'Avent, l'homélie de l'Abbé Gaëtan de Bodard, curé dans la Sarthe (72).

La vigilance, c’est comme la bagnole : ça s’entretient

© Gilaxia/Getty Images

Dimanche dernier, c’était la fête du Christ Roi de l’univers. Jour de fête et de joie ! « Comme chaque dimanche… » me direz-vous. Et c’est vrai puisque, chaque dimanche, nous fêtons la Résurrection du Seigneur Jésus ! Mais, pour le Christ-Roi, quand même un peu plus ! C’était le dernier dimanche de l’année liturgique, alors la liturgie nous invitait à marquer le coup : le vert du temps ordinaire a laissé la place à la couleur dorée, une couleur qui pète, une couleur qui flashe, une couleur qui traduit, à sa façon la lumière qui doit exister au Ciel autour du Seigneur Jésus, ou pour reprendre l’expression d’un enfant de chœur : « la chasuble de dimanche, elle piquait les yeux ! ».

Entrée dans une nouvelle année liturgique

Ce dimanche, premier dimanche de l’Avent qui nous fait entrer dans une nouvelle année liturgique, l’ambiance est différente. On a plus l’impression d’une certaine réserve, d’une certaine retenue. Pas de couleur qui flashe : au contraire, le violet des ornements est presque austère. Il nous rappelle que nous sommes dans l’attente, l’attente de la venue du Sauveur : quatre dimanches de préparation à la Nativité du Seigneur Jésus, quatre dimanches pour apprêter la crèche dans nos maisons, dans les magasins, pour décorer le sapin de Noël, repérer les cadeaux qui feront notre joie ou qui nous permettront de faire plaisir aux autres et de leur témoigner de notre amour… mais surtout quatre dimanches pour préparer nos âmes à la fête de Noël.

La vigilance

Chaque dimanche de l’Avent déploie un aspect particulier de cette attente. Pour ce premier dimanche, vous avez parfaitement repéré qu’il s’agit de la vigilance. Le message envoyé par l’Église, c’est « soyez attentifs, ouvrez les yeux, montez la garde, soyez prêts ! » Mais attentifs à qui, prêts à quoi ? Que veut nous dire le Seigneur à travers ces avertissements ?

Prenons un peu de hauteur : en fait, trop souvent, nous ne maîtrisons pas grand-chose de notre vie. Nous suivons le sillon qui est déjà tracé : l’école, le collège, le lycée, l’apprentissage d’un métier, l’entrée dans le monde du travail, un ou plusieurs jobs pendant notre vie, des stages, des remises à niveau, des perfectionnements, l’inscription à un club de sport ou l’engagement dans une association – et au milieu de tout cela, le mariage (ou le plus souvent aujourd’hui la vie en concubinage), l’arrivée des enfants qui vont reproduire à l’identique notre chemin de vie, à quelques variantes près – et puis, pour nous, la retraite, l’engagement à ce moment-là dans quelques nouvelles activités, puis la santé déclinant, la concentration sur le jardin, la vie de famille et puis, un jour, la mort qui vient nous rappeler à nous et à nos proches notre condition mortelle, la célébration à l’église, même si finalement nous n’y avons pas beaucoup mis les pieds tant que nous étions encore en vie, et le dépôt en terre dans un cimetière.

Nous préparer à la grande Rencontre

Sauf que la vie, ce n’est pas ça… Pas du tout ! Absolument pas ! Les 25, 40, 70 ou 105 ans que nous vivons ici-bas n’ont qu’un but : nous préparer à la grande Rencontre, celle avec notre Dieu et Créateur. Il nous a dotés d’une intelligence, d’une volonté, d’un cœur capables de choisir et d’aimer. Et cela à travers l’école, le collège, le lycée, l’apprentissage d’un métier, l’entrée dans le monde du travail, le ou les plusieurs jobs pendant notre vie, les stages, les remises à niveau, les perfectionnements, l’inscription à un club de sport ou l’engagement dans une association, la vie de couple et de famille, la retraite, les engagements à ce moment-là dans quelques nouvelles activités, le déclin, la maladie et la mort. Chacun des moments de notre vie nous sont offerts comme autant de moyens à nous rapprocher de Dieu, à vivre avec Lui, à L’aimer et Le servir, soit directement, soit à travers les frères qu’Il nous donne. Alors oui : soyons vigilants, soyons attentifs, ouvrons les yeux ! Soyons capables de voir Dieu à l’œuvre dans notre monde si abîmé, si malade, si cabossé. Et même, engageons-nous pour changer ce monde ! Pas des grandes choses ! Des petites, à notre petit niveau : un service rendu, une petite attention aux autres, un oubli de soi-même pour faire passer les autres avant nous ! Saurons-nous ouvrir les yeux et les oreilles ?

Le contact direct avec le Dieu

Tout cela, c’est important, c’est même vital pour préparer la grande Rencontre. Mais LE truc, LE bon moyen, c’est le contact direct avec le Bon Dieu. Et ce n’est pas compliqué : d’abord, il faut Lui parler, Lui dire qu’on L’aime, que nous avons besoin de Lui, de Sa force, de Sa puissance. Ça s’appelle la prière. Ensuite, le Bon Dieu nous a donné un bon moyen de recevoir Sa grâce, ce sont les sacrements, et le plus grand d’entre eux, c’est la messe où le prêtre reproduit –ou plus précisément « actualise »– les paroles, les gestes, le sacrifice du Seigneur Jésus pour nous sauver. Vous savez – je vous le dis simplement– on a fait une grosse erreur en instituant les « messes des familles » une fois par mois. D’abord parce que la messe des familles, c’est tous les dimanches : chaque dimanche, le Seigneur réunit Sa famille autour de Lui à la Messe qui est la plus belle façon de Le prier, de Lui rendre hommage, de L’honorer : c’est quand même Lui qui nous a montré comment faire… Ensuite, parce que la Messe, ce n’est pas une fois par mois, c’est tous les dimanches : c’est la plus belle façon de dire à Dieu que je L’aime, que je Le remercie de la vie ; c’est le moyen le plus efficace de Lui présenter mes soucis, mes joies et mes peines ou mes proches qui souffrent. Un jour, j’aurai à me présenter devant Dieu, à Lui rendre compte de ce que j’ai fait de ma vie. Vous savez, toutes proportions gardées, c’est un peu comme le permis de conduire ou le bac : si je me présente les mains dans les poches et la bouche en cœur, je risque d’avoir une mauvaise surprise au moment des résultats. Et là, c’est de la vie éternelle qu’il s’agit…

Alors, mes frères, si les textes de ce dimanche viennent donner un bon coup de pied dans la fourmilière, tant mieux ! En espérant que ce ne soit pas un feu de paille ! C’est sûr : l’attention aux autres, la prière, la messe du dimanche, eh bien ça demande des efforts, une organisation. En fait, c’est tout simplement un style de vie, une façon de vivre, pour bien se préparer au Ciel – dans la joie car le Bon Dieu accorde de nombreuses grâces à Ses amis. Que ce temps de l’Avent nous permette de nous ressaisir si c’est le cas pour nous et surtout de nous rappeler que Dieu est venu sur terre en Jésus pour nous sauver mais que pour se faire, Il sollicite notre engagement ! Et ça, ça ne dépend plus que nous. Amen !


Retrouvez sur le site des communautés paroissiales de Fresnay-sur-Sarthe, Oisseau-le-Petit et Sougé-le-Ganelon l’homélie de l’Abbé Gaëtan de Bodard ou suivez le sur twitter.


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