Portrait

Brûlé par l’amour, il s’est converti de façon fulgurante à 33 ans

Conversion d’un agnostique.

Brûlé par l’amour, il s’est converti de façon fulgurante à 33 ans

© Philippe Rousseaux

Laissez-moi vous présenter quelqu’un qui fait le clown ; enfin pas un clown de cirque… mais un clown spirituel. Car Philippe Rousseaux propose bien plus que de simples farces. Brûlé par l’amour de Dieu, il se convertit de façon fulgurante à 33 ans. Ce mathématicien, comédien et pédagogue ajoute alors à son cursus un quatrième master, cette fois en théologie, et décide de combiner cette nouvelle façon de penser avec son métier. Cela donne une association : « Clown par foi » !

Conversion d’un agnostique

Après avoir été professeur de maths au collège-lycée, Philippe suit une formation théâtrale en 1988 et se découvre une vocation de clown. Il devient vital pour lui de partager ce qu’il a reçu et anime ses premiers stages en 1991. Un master en sciences de l’éducation lui permet également de former des enseignants… à faire les pitres !

1994, il retrouve à Nancy une amie récemment convertie, lui annonçant que Dieu est Amour. Rencontre qui bouleverse le cours de sa vie : sa conversion se fait subitement. « Dieu je m’en foutais, par contre l’amour ça m’intéressait ! », explique-t-il. C’est cet amour qui l’amène à demander le baptême, moins de 2 jours plus tard ! Il arrête alors le théâtre pour se consacrer à la foi et ses nouvelles études. En 1999, il reçoit « une intuition sur clown et foi », lien singulier qui se concrétisera six ans plus tard.

« Clown par foi »

Sa définition : « Le clown est celui qui joue de tout ce qui lui arrive ». Il n’est pas question d’un rôle, mais d’une véritable expérience humaine. Le jeu devient le lieu d’enjeux anthropologiques et spirituels, sans pour autant être haut perché. C’est le paradoxe apparent de notre clown érudit !

Selon lui, « le nez est une autorisation ». Ainsi équipé, chacun apprend sur scène à devenir davantage lui- même. L’important n’est pas le degré de réussite mais l’engagement. Le clown fait ce qu’il veut – car au théâtre tout est possible – mais à deux conditions : qu’il consente à vivre ce qui lui arrive, et ce, avec le public. Non pour des raisons commerciales, mais parce que le clown est d’autant plus vivant et humain qu’il est en relation avec les autres. Avec sagesse, Philippe ne peut s’empêcher de faire l’analogie avec Dieu vivant et relationnel : trois en un ! D’ailleurs il définit le clown comme une expérience pascale, étant livré sur scène et tourné vers l’autre qui le sauve.

Philippe se présente en toute simplicité devant ses élèves, avec son survêtement gris et ses baskets. Il se tient assis, les mains jointes, un pied écrasant l’autre, sans rien dire. Ses yeux attentifs observent par-dessus ses lunettes ovales, dans une attente bienveillante. Quelques mots d’encouragement s’échappent : « Offre-le nous » ou encore « développe, tu es à 2 % ». Puis captivé, il éclate de rire devant le clown qui se révèle grâce à ses conseils avisés : ces derniers, avec justesse et délicatesse, rejoignent chacun de ses élèves, tels qu’ils sont. Réceptif et émerveillé, Philippe perçoit l’essentiel, « invisible pour les yeux », et touche ainsi croyants comme agnostiques. Comment résumer l’expérience de clown ? Sa réponse : « Si j’ai le droit à un seul mot, c’est libération ! ».

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