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Clôture du jubilé : tour du monde des réactions

© Antoine Mekary / Aleteia
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Rwanda, Paraguay, Pakistan, Haïti … tous ont voulu célébrer la fin de cette année sainte à leur manière.

Les portes saintes des cathédrales, paroisses et sanctuaires du monde entier ont toutes été refermées, clôturant ainsi un jubilé extraordinaire que chaque Église locale a voulu marqué d’un geste : soit en demandant publiquement pardon pour d’horribles crimes au nom de tout un peuple, comme au Rwanda, soit en manifestant dans de grandes marches, la volonté des fidèles de redonner du dynamisme à des valeurs perdues comme « le souci de la famille », le « souci de l’autre », celui du pauvre et du souffrant, dans le quotidien de sa vie.

L’agence Fides rapporte divers gestes ou paroles entrant dans le cadre de cette clôture, au Rwanda, au Paraguay, en République Dominicaine, en Papouasie Nouvelle Guinée, au Pakistan, et en Haïti :

Rwanda

« Il n’est pas possible de parler de Miséricorde au Rwanda sans parler de génocide » explique à l’Agence Fides Mgr Philippe Rukamba, évêque de Butaré et président de la Conférence épiscopale du Rwanda. Le dimanche 20 novembre, jour de la clôture officielle du jubilé, toutes les paroisses du pays ont lu une lettre pastorale signée par tous les évêques afin de « demander pardon pour tous les péchés commis dans le cadre du génocide de 1994 de la part de catholiques, tout comme des autres péchés commis par la suite », souligne l’évêque. Le document, rédigé en kinyarwanda, en français et en anglais, les deux autres langues officielles du pays, rend grâce à Dieu pour ce qu’Il a donné à ce pays : « La vie, les enfants, la culture, l’Église qui a plus de 100 ans ». Même si l’Église en tant que telle n’a pas commis ces crimes, elle demande pardon pour « ses enfants qui ont péché » et condamne « l’idéologie du génocide » qui fut « l’élément déclencheur de la tragédie », provoquant « la destruction de tant de vies humaines et du tissu social », souligne Mgr Rukamba.

République Dominicaine

Des milliers de personnes ont participé à une marche pour la famille, à Saint-Domingue, rapporte l’agence Fides, dans une autre dépêche. L’initiative, qui était nationale, avait pour slogan « Sans famille point de société », sur initiative de l’Église catholique, bouleversant littéralement la ville, tant l’affluence était grande. Des milliers de personnes scandaient ensemble le slogan de la manifestation, derrière le nonce apostolique, Mgr Jude Thaddeus Okolo, les évêques et des prêtres. « J’imagine que chacun d’entre vous provient d’une famille. Il devrait la respecter, la soutenir et la renforcer. Surtout dans un pays qui a son dynamisme fondé sur elle », a déclaré le nonce avant le début de la messe, célébrée au terme de la marche. Dans son homélie, l’évêque de San Juan de la Maguana, Mgr Jose Dolores Grullon Estrella, a encouragé les fidèles à « promouvoir et vivre les valeurs humaines et chrétiennes pour construire une société meilleure ». Gouvernement et organismes civils ont été invités à promouvoir « des politiques opportunes » pour protéger  la famille contre les attaques de « ceux qui encouragent une idéologie cherchant à la détruire ».

Cette manifestation fut la plus grande manifestation religieuse et civile jamais connue en République Dominicaine.

Paraguay

Le Président du Paraguay, Horacio Cartes, a répondu à la demande faite par le pape François aux chefs d’État à l’occasion de l’année sainte de la Miséricorde, en accordant la grâce à 16 détenus – en majorité des femmes – et promettant une amélioration des conditions carcérales. L’annonce a été faite, rapporte Fides, dans le cadre d’une cérémonie au Palais du gouvernement, en présence du nonce apostolique, Mgr Eliseo Antonio Ariotti. Le Président Cartes a annoncé un investissement de 80 millions d’USD en infrastructures carcérales dans le pays afin d’améliorer les conditions de vie des détenus. La population carcérale du Paraguay est de 13 071 personnes alors même que la capacité des infrastructures destinées à les recevoir est de 6 643 places seulement.

Le régime de Cuba a lui aussi répondu à l’appel du pape François en annonçant la libération prochaine de 787 détenus, parmi lesquels des femmes, des enfants et des malades.

Pakistan

Geste de clémence aussi au Pakistan. 69 détenus de la prison centrale de Faisalabad ont été libérés et de nombreux autres seront relâchés, dans les prochains jours, d’autres centres de détention. Le geste a eu lieu à l’occasion de la récente visite, au centre de détention, du ministre fédéral chargé des droits fondamentaux, le sénateur chrétien Kamran Michael. Ce dernier était accompagné de l’évêque de Faisalabad, Mgr Joseph Arshad, et autres représentants chrétiens, ainsi que des représentants du gouvernement du Pendjab et de la magistrature. Les 69 détenus sont impliqués dans des délits mineurs.

Dans l’optique d’un « parcours de rééducation », le gouvernement a annoncé le lancement de « cours spéciaux de formation » qui transforment les anciens détenus en « des citoyens responsables » et les aident « à se réinsérer dans le tissus social », selon l’esprit qui est demandé par le pape François.

Au Pakistan 70% des détenus sont en attente de jugement. Dans son Rapport 2015, la Commission pour les droits fondamentaux du Pakistan, ONG répandue sur l’ensemble du territoire, rappelle que « les mauvais traitements et les tortures y sont répandus » alors que « les prisons accueillent le double des personnes par rapport à leurs capacités et que, dans certaines cellules, les détenus ne disposent même pas d’un lit « .

Papouasie Nouvelle Guinée

Les jeunes de Papouasie Nouvelle Guinée et des Îles Salomon ont clôturé l’année sainte en organisant eux aussi un rassemblement pour dire publiquement qu’ils « ont choisi  de suivre le Christ » face à une société de plus en plus encline à « valoriser seulement ce qui est source de plaisir : le sexe, l’alcool, les drogues et le matérialisme où dans leur vie », rapporte à Fides l’archevêque de Rabaul, Mgr Francesco Panfilo. 22 diocèses étaient impliqués dans ce rassemblement organisé au Don Bosco Technological Institute de Port Moresby. « Chers jeunes, vous choisissez la Vérité, ce qui est honnête et juste, vous choisissez le bien pour vous et pour la nation en apprenant à vivre les véritables valeurs évangéliques », s’est félicité Mgr Panfilo en s’adressant à tous ces jeunes, qui ont également eu la joie de recevoir une « bénédiction paternelle » du pape François.

Ce rassemblement, précise le père Shanthi Chacko Puthussery, secrétaire de la commission pour la Jeunesse de la Conférence épiscopale, s’inscrit dans un programme pédagogique de l’Église qui se résume très simplement : « On apprend en faisant ». Outre la possibilité d’assister à des catéchèses, les jeunes peuvent apprendre les uns des autres et profiter « d’intenses périodes  d’expérience spirituelle, intellectuelle, sociale et pastorale ».

Haïti

En Haïti, vulnérable aux catastrophes naturelles, la clôture du jubilé s’est faite sous le signe de l’encouragement à « l’union et la solidarité ». Depuis le passage de l’ouragan Matthew, le 4 octobre dernier, un grand nombre de personnes vit encore « sous des tentes, d’autres dans des logements de fortune, dans des conditions qui demeurent très précaires », avait fait savoir le cardinal Chibly Langlois, évêque de Les Cayes, quelques jours auparavant. Mais malgré la continuelle fragilité d’Haïti, l’Église locale compte sur « les nombreux points forts » qui caractérisent la population haïtienne – soit environ 10 millions à l’intérieur du pays et 2 millions vivant dans d’autres pays –, très solidaire entre elle, alors que « plus de 8 personnes sur 10 vivent dans la pauvreté ».

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