Mode de vie

Être parents n’est pas un calvaire, bien au contraire !

L’amour nous rappelle constamment qu’avant d’être père et mère, nous sommes avant tout mari et femme.

Être parents n’est pas un calvaire, bien au contraire !

©Alix Minde / AltoPress / PhotoAlto

En cette fin d’après midi, je me mets en route. Toute une nuit d’escalade m’attend. Après quelques heures, j’atteins le sommet de la montagne et profite des premiers rayons du soleil. Je suis fatiguée mais extrêmement heureuse. Puis l’élément final du voyage arrive : la Sainte Messe. Sale et voutée sous le poids de mon sac à dos, je m’assois sur le deuxième banc, comme d’habitude, et m’endors.

Si vous vous demandez à quoi cela ressemble d’être parent au quotidien, voilà le tableau. La seule différence, c’est que vous n’êtes pas seule en escaladant la montagne. Vous êtes accompagnée de la personne qui vous est le plus cher et de votre enfant. Parfois même plus d’un.

J’aime mes passions, j’aime mon travail et toutes les occupations que je peux avoir une fois que j’ai fini d’être une maman. J’aime aussi me retrouver un peu seule, comme au bon vieux temps. Tout cela fait partie intégrante de mon voyage.

Cependant, le fait d’être accompagnée par la personne la plus importante de ma vie, de pouvoir vivre au sein d’un couple et de ne pas être responsable uniquement de moi-même m’élève et m’aide à y voir plus clair. Mais avant tout, cela me fait comprendre que la vie de famille est l’aventure la plus extraordinaire que je n’aurais jamais imaginée.

Et bien, regardez comme je suis devenue émotive. Il est temps de redescendre sur terre. Vous savez, nos vies ne sont pas toujours un long fleuve tranquille, et mon mari et moi nous ne nous regardons pas tout le temps comme au premier jour. Même si l’on a parfois l’impression d’être en suspension dans une gondole de montagne et que nous parvenons à prendre de la distance par rapport à ce que nous avons traversé dans le passé et ce que le futur nous réserve, vous pouvez être sûr qu’avant même que l’on s’en rende compte, l’un de nos enfants nous rappelle son existence en grimpant au rebord d’une fenêtre ou en avalant le bout d’un crayon de couleur.

En même temps, ce n’est pas que nos vies soient mornes ou pénibles. Comme en montagne, l’atmosphère de notre vie de famille varie. L’expérience directe que l’on a de chaque instant dépend de la façon dont nous nous sommes préparés au voyage.

Premièrement, personne ne nous a obligé à prendre cette direction (c’est-à-dire, à être parents)

Nous l’avons prise parce que nous le voulions.

Vous souvenez-vous de cet étrange état d’allégresse quand, finalement, parfois après de nombreuses années, vous vous trouvez là où vous rêviez d’être ? Même avec un orage grondant au dessus de nos têtes, on pense : « C’est l’instant le plus merveilleux ; j’ai enfin réussi ! ».
Cet état de joie, en fonction de la force de nos désirs, peut prendre trois mois, six mois, une année entière, et parfois plus. Devoir se lever la nuit pour s’occuper de son enfant n’est pas si fatiguant que ça après tout. Devoir allaiter son enfant, malgré la douleur, est un réel plaisir et faire dormir son mari sur le canapé du salon devient une histoire de famille cocasse. Cela fait du bien d’inhaler les effluves du bonheur. Leur effet secondaire est une amnésie momentanée qui contribue au renforcement des liens familiaux. C’est ce que nous avons vécu ces deux dernières années.

Deuxièmement, nous allons dans la même direction

Cependant, pour ne pas dire tout et son contraire, il est nécessaire de revoir ses priorités, ses besoins et de les ajuster à des objectifs à court terme. Tout cela est nécessaire afin de ne pas perdre de temps et d’énergie sur le chemin de la vie et de ne pas se retrouver pris dans des luttes inutiles, dans l’éloignement et les « jours de silence ».

Nos intérêts et nos passions peuvent changer et nous déterminent en tant qu’individu, alors que nos valeurs sont nos piliers. Lorsque les temps sont durs, ce sont nos valeurs qui nous aident à nous rattacher à quelque chose d’immuable, à notre dénominateur commun, un point de départ, et parfois aussi un tournant.

Troisièmement, nous nous rejoignons au même point

Lorsqu’on se regarde l’un l’autre, c’est en fait nos propres reflets que nous voyons. Nous sommes exigeants l’un envers l’autre. Nous apprenons comment marcher l’un avec l’autre, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas seulement de parler, mais de s’écouter avec amour (cela n’aurait aucun sens de marcher aussi proche de quelqu’un tout en portant un badge indiquant : « Je ne connais pas cette personne »). Il n’y pas de place pour des sprints narcissiques. Si l’un de nous est dans une meilleure condition mentale et spirituelle, il s’ajuste au rythme de l’autre, s’efforçant de lui apporter son soutien et de l’encourager. On ne dirige pas les feux des projecteurs sur soi-même. L’égoïsme est un piètre conseiller. C’est notre mariage qui est en jeu. Si quelqu’un se trouve au bord de la falaise et fait un geste stupide, toute la famille en souffrira. Ainsi, nous nous concentrons sur ce qui est vraiment crucial.

Quatrièmement, aimez et faites ce que vous pouvez

L’amour nous rappelle constamment qu’avant d’être père et mère, nous sommes avant tout mari et femme. Être parents devient difficile lorsque le mariage traverse une mauvaise passe. L’amour nous dit que tout cela nous est accordé seulement temporairement. Détendez-vous, ne vous agacez pas de broutilles, pardonnez et aimez. L’amour est libérateur. Nous ne sommes pas collés les uns aux autres, et réalisons pleinement que nos enfants trouveront un jour quelqu’un qu’ils aimeront. Le temps viendra de couper le cordon, ayant foi que durant le pan de vie que nous avons traversé ensemble, nos enfants n’ont pas appris à vivre uniquement pour eux-mêmes. Nous espérons les avoir bien équipés pour qu’ils puissent atteindre leurs propres sommets.

Les quatre considérations ci-dessus influencent la perception de nos coeurs. Nous essayons de profiter de tout ce que nous avons aujourd’hui. Après tout, nous n’avons qu’une vie sur terre. Notre vie éternelle est devant nous. Par conséquent, ce que nous voulons le plus pour nous-mêmes est le salut.

Peut-être que, après ce mémorable voyage vers le soleil, à la fin de notre aventure maritale, nous entrerons dans la maison des Pères, nous nous assiérons confortablement ensemble et… nous nous endormirons. Nous dormirons, heureux et reconnaissants du chemin parcouru ensemble, le plus beau voyage de notre vie.

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