Opinion

La France est une personne et vous ne lui parlez point

Le billet politique de Thomas Flichy de la Neuville, à quelques jours du premier tour de la primaire de la droite et du centre.

La France est une personne et vous ne lui parlez point

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Maintenant que les brumes ont été dissipées, et que les illusionnistes prétendant réduire l’essence de la France à la diversité ont été démasqués, les Français, goguenards, suivent du regard ces bateleurs de foire ranger leurs tréteaux et repartir dépités, vers le néant d’où ils sont sortis. Le 27 janvier 1787, Mirabeau se vit offrir par des marchands ambulants, de petits bonshommes de carton dont la tête, mue par une ficelle, s’agitait pour dire perpétuellement oui. « À quatre sous les notables » lui criait on aux oreilles.

Les nôtres valent-ils beaucoup plus ? Pour les hommes politiques s’apprêtant aujourd’hui à concourir pour se hisser au sommet de l’État, la partie ne sera guère aisée : dans un régime qui n’a jamais été aimé, l’élection se présente en effet comme le renouvellement d’une régence qui se prolonge, une parenthèse que l’on repousse. Aussi n’enthousiasme-t-elle personne. L’heureux temps des épousailles entre la France et son monarque semble être un souvenir lointain. Si lointain d’ailleurs, que les amants de passage ont totalement oublié leur rôle. Certains ont pris la France pour une machine, d’autres pour une contrée à piller. Quel malentendu… La France est une personne, messieurs, un être animé, et pas un d’entre vous ne s’est encore adressée à elle. Dans ces circonstances, comment vous étonneriez-vous de ce qu’elle vous dédaigne ?

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