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COP22 : Le pape François attend « une vraie réponse collective responsable »

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CAMPOBASSO, ITALY - JULY 05: Pope Francis attends an outdoor papal mass on July 5, 2014 in Campobasso, Italy. In his one day pastoral visit to the Italian region of Molise Pope Francis invokes the courage of solidarity to face the scourge of unemployment. (Photo by Franco Origlia/Getty Images)
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Retour sur le message du Saint-Père aux participants à la conférence de l’Onu sur le climat, à Marrakech.

Un an après l’accord de Paris, le pape François envoie un message aux États signataires pour les encourager à mettre en œuvre « une réponse collective responsable » qui aide réellement à la construction de « notre maison commune », la Terre. Dans son message à tous les participants de la COP22, la conférence de l’Onu sur le climat, organisée du 7 au 18 novembre à Marrakech, au Maroc, il rappelle que l’accord, entré en vigueur le 4 novembre dernier, « a un impact sur l’humanité entière, en particulier sur les plus pauvres et les générations à venir, plus vulnérables aux changements climatiques ».

L’accord de Paris a été signé par 174 pays et l’Union européenne (UE), le 22 avril 2015, à New York, soit quatre mois après les travaux de la COP21, à Paris, dont la couverture médiatique a été sans précédent. Celle de cette année est également très suivie – 1 500 journalistes accrédités – et marquée par une forte mobilisation politique et citoyenne. Quelques 10 000 personnes représentant plus de 300 ONG nationales et internationales ont marché pacifiquement dimanche dernier en marge de la conférence, appelant les négociateurs à « agir » pour mettre en « pratique leurs promesses ».

Par cet accord, la communauté internationale s’est engagée à agir pour contenir la hausse de la température globale « bien en deçà de 2°C » par rapport au niveau préindustriel et à « poursuivre les efforts » pour la limiter à 1,5°C.

« Agir sans tarder »

Dans son message, le Saint-Père lance un appel pressant à « agir sans tarder, de la manière la plus libre possible des pressions politiques et économiques, en dépassant les intérêts et les comportements particuliers ». Il invite les participants à « relever le défi éducatif et culturel » pour les rendre « réellement efficaces » dans la poursuite de leurs objectifs.

En effet, après la COP21, a commencé la phase de la mise en œuvre de l’accord de Paris, « moment délicat, où l’on se confronte, en entrant de manière plus concrète dans l’élaboration des règles, des mécanismes institutionnels et des éléments nécessaires pour sa mise en œuvre correcte et efficace », estime le Pape. Il s’agit « d’aspects complexes qui ne peuvent pas être délégués aux seuls interlocuteurs techniques, mais ont besoin d’un soutien continu et d’un encouragement politique, fondé sur la conscience que « nous formons tous une seule famille humaine ».

« La détérioration de l’environnement nous interpelle tous, chacun dans ses rôles et compétences », exige « une prise de conscience et un sens de responsabilité renouvelés », écrit le Pape en citant à plusieurs reprises son encyclique Laudato Si’ sur la sauvegarde de la maison commune. Pour le Saint-Père, il est clair qu’il n’y a « aucune frontière, ni barrière politique ou sociale » qui tiennent dans ce processus, et la « globalisation de l’indifférence n’y a donc pas sa place ». Il rappelle à ce propos que l’accord de Paris « encourage la solidarité envers les populations les plus vulnérables et encourage les fortes relations existant entre la lutte contre le changement climatique et celle contre la pauvreté ».

« Un style de vie fondé sur la culture du rejet est insoutenable », s’indigne-t-il, et  ne doit donc « pas trouver de place dans nos modèles de développement et d’éducation ». Il est impératif, assure le Pape, que chaque État s’investisse « sérieusement » dans la promotion d’une « culture de la protection qui imprègne toute la société : protection de la création, mais aussi du prochain, proche ou éloigné qu’il soit, dans l’espace et dans le temps ».

Donald Trump de la partie ?

Les travaux de la COP22 ont largement été secoués par l’élection de Donald Trump à la présidence américaine. Celui-ci, connu pour sa vision « sceptique » du réchauffement climatique, annulera-t-il l’accord de Paris, comme il avait promis lors de sa campagne électorale ? Depuis son élection, le 9 novembre dernier, il n’en a plus reparlé et l’envoyé spécial américain sur le climat, Jonathan Pershing, a même choisi de rassurer les participants, déclarant en conférence de presse à Marrakech : « Les chefs d’État peuvent changer, et vont changer, mais je suis sûr que nous maintiendrons un effort international durable pour lutter contre le changement climatique, a-t-il affirmé. C’est un effort mondial qui a rendu l’accord possible, et l’engagement qui l’a permis est de nouveau évident à la COP22 ».

À la tribune de la COP22, le président français, François Hollande, a exhorté les États-Unis à respecter l’accord de Paris. Un accord, a-t-il dit, « irréversible en droit, dans les faits et dans les consciences », ajoutant : « Les États-Unis, première puissance économique du monde, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, doivent respecter les engagements qui ont été pris (…). Ce n’est pas simplement leur devoir, c’est leur intérêt… L’inaction serait désastreuse pour le monde, désespérante pour les générations futures et dangereuse pour la paix ».

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