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Les forces irakiennes entrent dans Mossoul

© Odd ANDERSEN / AFP
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La capitale de l'État islamique en Irak est attaquée sur plusieurs fronts, mais la ville est un terrain difficile, favorable aux djihadistes.

Mossoul comptait, avant l’avènement de Daesh, 1,2 million d’habitants (plus que Marseille). C’est un champ de bataille compliqué pour les armées irakiennes et kurdes. Les succès les plus spectaculaires ont d’ailleurs lieu hors de la ville.

Tentative d’enveloppement

Au Sud, la ville de Nimroud, près de laquelle se situe un site antique assyrien a été reprise ce dimanche. Les soldats irakiens ont annoncé leur venue avec des sonos crachant à plein décibels, signe de la fin du règne de Daesh, qui interdit la musique. L’état du site archéologique de Nabû, vieux de 2 800 ans et dédié au dieu mésopotamien de la sagesse et de l’écriture, demeure mal connu. L’État islamique prétend l’avoir entièrement détruit au Bulldozer. À l’Ouest de la ville, des blindés irakiens se sont emparés de Sirwal et l’armée irakienne affirme qu’elle progresse à présent à moins de 100 kilomètres de la frontière syrienne. Cette avancée, si elle était poursuivie vers le Nord, pourrait couper Mossoul du reste du territoire tenu par l’État islamique.

Snipers et drones explosifs

L’armée irakienne et les peshmergas kurdes disposent de conseillers militaires américains et d’un soutien d’artillerie français. Le soutien aérien devient de plus en plus difficile à mettre en œuvre, à mesure que les combattants s’enfoncent dans la ville. Face à des adversaires supérieurs en nombre et en armement, l’État islamique déploie ses contre-mesures habituelles : tireurs isolés et mines, auxquels s’ajoutent des drones sur lesquels sont fixées des grenades à main et des combattants suicides. Lundi 14, un sniper de Daesh a tué 3 soldats de l’armée irakienne. Le 4 novembre, une unité d’élite irakienne s’est enthousiasmée d’avoir réussi une percée dans les lignes ennemies avant de découvrir qu’elle était coupée de ses arrière. Elle est restée encerclée plus de 24 heures, avec une équipe de CNN, avant d’être libérée.

Le cauchemar des civils

Du point de vue des assaillants, la présence massive de civils est un casse-tête. Un officier irakien confie : « Ils viennent de partout. On ne sait jamais si ce sont des civils ou des combattants. Ils portent des sacs et on ne sait jamais ce qu’il y a à l’intérieur ». Une dame de 64 ans, qui est parvenue à rejoindre les lignes irakiennes, explique que les djihadistes ne laissent personne sortir des appartements, et qu’ils posent des bombes à l’intérieur. Quand un officier lui demande de quel appartement il s’agit elle répond « partout dans Mossoul ». Des soldats irakiens soupçonnent aussi les civils de duplicité, certains d’entre eux ayant pris le parti de l’État islamique. Cette inquiétude explique en partie les arrestations musclées, auxquelles se livre l’armée irakienne. Certaines d’entre elles ont été filmées et font scandale sur Internet.

Première messe

Mgr Mouché, l’archevêque syriaque catholique de Mossoul et de Qaraqosh, est retourné dans la cathédrale de la ville à majorité chrétienne de Qaraqosh, où il a célébré la première messe depuis 2014. Partagé entre joie et peine, il s’étonne : « Pourquoi cette église est-elle brûlée, l’autel est-il cassé, la croix est-elle cassée, le clocher est-il détruit ? » Le 11 novembre, la milice internationale contre Daesh, sous commandement assyrien, Dwekh Nawsha mettait en ligne une vidéo représentant des miliciens chrétiens replanter une croix au sommet d’un clocher, inversant une vidéo précédente de Daesh. Malgré leur joie, les miliciens savent qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines, et l’un d’entre eux, un ancien militaire britannique, avertit : « La Bataille pour Mossoul sera longue, coûteuse… En fait je crois même qu’il faudra d’abord que l’armée syrienne reprenne Raqqa (la capitale syrienne de Daesh ndlr), avant que Mossoul ne tombe ».

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