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Prier pour la paix, un siècle après Verdun

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Christmas 1916 at Douaumont Fortress in Verdun, Midnight Mass, France, World War I. (Photo by Photo12/UIG/Getty Images)
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Ce 11 novembre 2016, commémoration de l'Armistice de 1918, mais aussi fête de Saint Martin, les chrétiens sont invités à prier pour la paix.

Pour les Français, la Bataille de Verdun est aux batailles ce que Saint Martin est aux saints, un élément familier, indissociable de notre histoire. De même que tout le monde connaît un Martin, ou un village Saint Martin, chaque Français, installé depuis longtemps, a un ancêtre qui s’est battu à Verdun, et connaît des bribes d’informations, transmises depuis des générations. Comme cette histoire, la seule qu’un ancien poilu racontait « L’officier sifflait. On escaladait à toute vitesse l’échelle de tranchée, en évitant la godasse du copain de devant. Puis on courait comme des fous. A ce moment-là, il y avait toujours un obus pour nous enlever quelqu’un. Un gars qu’on connaissait vaguement, ou notre meilleur ami ». Le diocèse aux armées invite à prier tout spécialement pour la paix ce 11 novembre 2016, proposant des prières et célébrations aux paroisses.

« Nous tiendrons juste un jour de plus qu’eux »

Le 11 novembre 1916, la bataille de Verdun, débutée le 21 février, s’éternisait. Elle ne prendrait fin que le 19 décembre. Jamais un lambeau de terre n’avait couté aussi cher en vie humaine. Des villages entiers disparaissaient, portés « morts pour la France ». Les collines étaient nivelées : l’éminence dite du « mort homme » a perdu 10 mètres pendant la bataille, la « côte 304 », nommée ainsi en raison de son altitude, ne faisait plus que 297 mètres en décembre 1916. Pourtant les hommes s’accrochaient. Aux souffrances qu’ils enduraient s’ajoutait le sentiment de mener une guerre absurde, dirigée par des « planqués », comme le confirme cet extrait de lettre de poilu :  « C’est facile avec la peau des autres de dire : Nous les aurons… Ce sera long mais nous tiendrons juste un jour de plus qu’eux. » Contre le désespoir, un aumônier militaire proposait un remède radical : « Écoute-moi bien. quand tu penses à une chose, tu ne penses pas à une autre. Si tu penses à tes camarades, à les consoler, à les aider, à les éclairer, tu ne penseras pas à ton mal. Tu l’oublieras et les jours passeront vite et bien remplis ».

Ceux d’en face

Certaines lettres démontrent une humanité touchante, presque déplacée dans ce charnier. Comme la lettre du soldat Le Denen à son épouse, intitulée « La miséricorde » : « Ceux-là (Les Allemands ndlr) ne doivent pas s’appeler les maudits car ils ont coûté bien des larmes à leurs mères qui ont tant peiné pour les élever et qui ont coûté aussi cher que nous à mettre au monde. D’ailleurs le bon Dieu qui est bon ne les aime-t-il pas tous autant que nous ? »

« Souvenez-vous ! »

Une grande partie des messages qui sont parvenus jusqu’à nous sont des testaments. Leurs auteurs demandent que leur sacrifice ne soit pas oublié, pas inutile « Que mes larmes que je verse en faisant cette lettre vous inspirent de faire tout ce que je voudrais et que vous deveniez tout ce que je vous souhaite. Gardez précieusement cette lettre ; souvenez-vous de votre malheureux père et suivez ses conseils. » Certains, enfin, demandent des prières, comme Gaston Biron, mort pour la France en septembre 1916. Il écrivait à sa mère : « Tu as raison de prier pour moi, nous avons tous besoin que quelqu’un prie pour nous, et moi-même bien souvent quand les obus tombaient autour de moi, je murmurais les prières que j’ai apprises quand j’étais tout petit, et tu peux croire que jamais prières ne furent dites avec plus de ferveur. »

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