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Retour sur les JMJ. Adieu canapé, je te quitte !

© Azur Guirec
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Une soixantaine de jeunes ont décidé d'appliquer le secret que leur a livré leur pape à Cracovie : viser le bonheur, le vrai.

« Il faut quitter le canapé pour des chaussures, des bonnes chaussures de marche. Il faut marcher, vers des sentiers que l’on ne connaît pas encore. Il nous faut prendre la route pour la suivre dans la folie de notre Dieu. »

C’est à la lettre qu’une petite fraction des Français présents aux JMJ exécute en ce moment la belle exhortation du pape François lors de la veillée de prière du samedi soir.

Ils sont une soixantaine, ils ont entre 17 et 25 ans. Escorté de chanoines et chanoinesse de l’abbaye de Lagrasse, le Chapitre saint Martin trace cette année sa route au cœur de la Pologne. Ils marchent vers le célèbre lieu de culte marial de Czestochowa, et découvrent cette terre en profondeur au détour de ses sentiers battus.

L’accueil à la polonaise : une leçon pour nous, Français

À peine la messe de clôture des JMJ était-elle terminée qu’ils ont quitté le Campus Misericordiae pour rejoindre Cracovie et lacer leurs chaussures de marche.

Leurs gros sacs sur le dos, par équipe d’une dizaine, ils peinent sous le soleil. Mais la verdure des vallées, la douceur des jardins, les ruines, les roches, les secrets reculés des campagnes, toute la nature unique qu’ils découvrent et contemplent, les empêchent de s’attarder sur leurs ampoules, leurs pieds gonflés, leurs petites blessures.

Tout au long de leur route, les Polonais leur réservent un accueil qui ne cesse de les surprendre. Lorsqu’ils demandent simplement de l’eau, les habitants des villages dans une spontanéité désarmante leur offrent tout ce qu’ils peuvent. Souvent vivant modestement, leur geste est d’autant plus magnifique : ils donnent donc qualitativement bien plus que beaucoup d’entre nous.

Quelle leçon pour nous, occidentaux, et plus encore pour nous, Français de comprendre ce qu’est le véritable sens de l’accueil. Le véritable sens du don au prochain. Sans un trop de plein de méfiance ou d’égoïsme. Tout simplement, avec gratuité, désintéressement, abondance, et surtout d’un cœur heureux de donner.

Nourrir son âme

Les jeunes font au fil des kilomètres une expérience très forte, malgré la simplicité de leur démarche. Ils connaissent certes des désagréments physiques, une fatigue exponentielle, et un détachement radical du confort. Mais de ces efforts, naît un rapprochement très net de l’essentiel. À mesure que leurs membres se dérouillent, leur âme elle aussi se décrasse. Quel meilleur moyen pour tester son attachement à Jésus que de le tester dans des conditions de vie plus rudes ?

Au rythme de la marche s’ajoutent chaque jour de beaux moyens de nourrir son âme. Un temps d’oraison pour cultiver le cœur à cœur intérieur avec Jésus. Un temps de lecture spirituelle pour approfondir sa connaissance de sa foi. La messe quotidienne pour puiser dans l’effort une force spirituelle grâce à l’Eucharistie. La prière du chapelet pour méditer par Marie la vie de Jésus. Et enfin des discussions, des débats, des topos, afin d’aborder des questions complexes de nos vies quotidiennes.


Provoquer l’effort pour en tirer du réconfort 

Après quatre jours de marche et une centaine de kilomètres dans les pattes, les équipes se retrouvent pour deux jours de repos. Jeux, discussions, élucidation de questionnements moraux concrets, topos, adoration.

Puis à nouveau pendant quatre jours, ils renoueront leurs lourdes chaussures de marche pour repartir sur les sentiers et atteindre le sanctuaire marial de la Vierge Noire tant vénérée par les Polonais.

L’équipe a donc bel et bien bradé son canapé pour des chaussures de marche, la fragilité du confort pour la solidité de la foi et de la charité. Ils échappent pendant ces quelques jours à « la paralysie de confondre bonheur avec un canapé », ils expérimentent les limites du « bonheur sur canapé ».

Quelques jours entre amis, dans une grande rigueur spirituelle, au cœur de laquelle règne le principe de la charité et de la saine amitié. Un programme d’une grande simplicité, mais qui demande pourtant du courage. Provoquer l’effort pour en tirer du réconfort. C’est le sens d’un pèlerinage : incarner un chemin spirituel par une marche physique.

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