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« Je garderai un souvenir inoubliable des sœurs de mon enfance »

© Antoine Besson
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Voilà ce qu’écrit le jeune père Vagneux, des missions étrangères de Paris, depuis les bords du Gange.

« Je garderai un souvenir inoubliable  des sœurs de mon enfance. Elles ont inspiré ma vocation.  Elles étaient la maison dans laquelle nous aimions aller pour discuter, elles connaissaient parfaitement toute la vie du quartier et chacune de ses familles. Elles faisaient le pont entre tous et le prêtre, un pont aussi humain que divin. Elles étaient une présence silencieuse, essentielle et aimante… » Citant  le pape François il continue « L’Église ne peut pas être elle-même sans les femmes et le rôle qu’elles jouent ».

Cette après midi, en dehors de Jean il n’y aura que des femmes au pied de la Croix. Comme si celles-ci ont vocation à être la présence ultime de l’humanité quand celle-ci est confrontée à son anéantissement. Il est vrai que ce jour là dix apôtres avaient disparu et seules les saintes femmes avec Marie silencieuses étaient héroïquement présentes.

Cette réflexion du missionnaire qui mène son ministère entouré d’une vingtaine de religieuses indiennes me renvoie presque quotidiennement à ces innombrables sœurs que je rencontre dans tous les lieux de fracture de l’Asie douloureuse. Ces petites religieuses qui à dix huit ans ont tout donné dans un élan spontanée au Christ sont à soixante quinze ans encore là dans des conditions en deçà du précaire. Elles ont soigné, éduqué, soutenu trois parfois quatre générations pour lesquelles elles sont les mères et le témoignage d’une compassion apaisante.

La simplicité et l’humilité dans une fidélité poignante à l’égard de leurs enfants révèlent chez ces consacrées l’intelligence qu’elles ont de leur propre maternité. Une maternité qui, à l’exemple de Marie reste présente auprès de son fils, de l’annonciation à sa résurrection.

Rentrant du Laos j’ai encore en mon cœur les confidences de ces religieuses qui, bien que très jeunes sont déjà chargées de lourdes responsabilités. Latsami ou Monica, ces jeunes supérieures de communauté doivent décider tous les jours, aguerrir ceux qui les entourent, soutenir des familles contre un monde violemment athée. Mais dans le secret elles avouent dans leur candeur exquise être aussi  des enfants inquiètes. Elles n’en sont que plus saintes. Par leur intelligence et leur courage elles maintiennent ces oasis de paix et d’espoir où d’innombrables familles  viennent se désaltérer à la source de l’Espérance.

Aujourd’hui prions particulièrement pour elles.

Yves Meaudre est vice-président d’Enfants du Mékong, ONG de parrainage social et scolaire active en Thaïlande, au Cambodge, au Vietnam, en Birmanie, aux Philippines, au Laos et dans le Yunnan. Il est l’auteur de plusieurs livres dont le dernier, Hoà, les réfugiés, a été publié chez Dominique Martin Morin.
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