Mode de vie

Ce restaurant à Jérusalem ne sert que des plats… bibliques

Une carte alléchante : poisson de Saint Pierre, couscous du roi Salomon, Cantique des cantiques ou Reine de Saba...

Passionné de culture biblique, le directeur et chef du restaurant l’Eucalyptus, Moshe Basson, a décidé de ressusciter recettes, ingrédients, épices, et herbes de la Bible. Chaque plat tire ses origines de scènes bibliques et toutes les épices et herbes utilisées poussaient dans l’Antiquité dans les alentours de Jérusalem et de la Judée. Moshe Basson explique : « Nous utilisons et montrons la ressemblance entre le couscous et la semoule offerte au Temple de Jérusalem en holocauste » (Lévitique 2, 1) : « Si quelqu’un présente en oblation à l’Éternel une offrande, son oblation sera de semoule; il versera de l’huile dessus et il y ajoutera de l’encens ». Il poursuit : « Nous cuisinons également le freekeh, en notant qu’il s’agit bien du karmel (terme hébraïque, ndlr) de la Bible, la céréale verte et fumée que le jeune David a pris comme nourriture pour ses frères avant de se rendre sur le champs de bataille où il tua Goliath ». I Samuel 17 : « Jessé dit à son fils David: Prends donc pour tes frères cette mesure de blé grillé et ces dix pains et cours les porter au camp à tes frères ».

« Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur »

Plus tard, David se plaint à Dieu dans le Psaume 51 : « Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur ». Ce sont les paroles de l’Asperges me, l’hymne d’entrée de la messe catholique tridentine, et c’est bien de l’hysope que le chef de l’Eucalyptus se sert pour la préparation de sa sauce pesto. « La Bible n’est pas un livre de cuisine, mais elle évoque énormément de nourriture. S’il y a une plante très particulière et biblique c’est l’hysope. C’est avec des bouquets d’hysope que les hébreux ont peint leur porte de sang d’agneau, cette fameuse nuit de la tragique dixième plaie d’Égypte, le soir de la Pâque », explique le chef, en se basant sur l’Exode 12, 22-23 : « Moïse appela tous les anciens d’Israël, et leur dit : Allez prendre du bétail pour vos familles, et immolez la Pâque. Vous prendrez ensuite un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin, et vous toucherez le linteau et les deux poteaux de la porte avec le sang qui sera dans le bassin. Nul de vous ne sortira de sa maison jusqu’au matin. Quand l’Éternel passera pour frapper l’Égypte, et verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, l’Éternel passera par-dessus la porte, et il ne permettra pas à l’ange destructeur d’entrer dans vos maisons pour frapper ».

« Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère »

Les desserts n’échappent pas à la règle, et ceux-ci sont soumis aux lois diététiques de l’Ancien Testament, la casheroute, qui régissent le régime alimentaire du peuple juif. Par exemple, un produit laitier en dessert n’est pas servi si le plat était composé de viande car : « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère » (Exode 23, 19), et Deutéronome 14, 21 : « Certaines personnes pensent que la nourriture biblique est un peu étrange, parce qu’ils ne connaissent pas, mais il faut tenter l’aventure. Une fois à table, ils se rendent compte qu’il s’agit des plats servis par toutes les mères et grand-mères du Moyen-Orient. Même si les ingrédients sont strictement bibliques, c’est toujours de la nourriture ! », explique Moshe Basson. Ainsi à l’Eucalyptus, les clients viennent de partout, incluant musulmans, juifs non-pratiquants et pèlerins chrétiens.

Situé dans la nouvelle ville de Jérusalem, l’Eucalyptus se trouve au 14 Yerushalayim street