Pape François

Pape François : « L’Église ne veut pas de l’argent sale de certains bienfaiteurs »

Lors de l’audience générale de ce mercredi, le Saint-Père a expliqué le lien entre la Miséricorde et la correction et fustigé ceux qui se prétendent chrétiens mais exploitent leur prochain.

« L’Église ne veut pas de l’argent sale, elle veut des cœurs ouverts à la Miséricorde de Dieu », a déclaré ce mercredi matin devant les 20 000 fidèles et pèlerins rassemblés place Saint-Pierre pour la traditionnelle audience générale. Argent sale, blanchiment d’argent, corruption… Des mots qui reviennent ponctuellement dans la bouche du pape François qui a fait de la lutte contre ces « grands maux » un des combats de son pontificat. Et ses catéchèses, en ce temps de Carême, sont pour lui l’occasion d’insister sur leur « gravité », rappelant à chaque fois qu’il n’est jamais trop tard pour se convertir, que « Dieu pardonne toujours et oublie… ».

Miséricorde et correction

Mais pour cela, il faut accepter d’être « corrigé », et c’est sur ce lien entre la Miséricorde et la correction que le Pape a consacré sa nouvelle catéchèse. Car « quand une personne est malade, elle va chez le médecin et si elle sent qu’elle a péché, elle va trouver le Seigneur, mais certainement pas un sorcier qui ne peut lui apporter la guérison », a-t-il expliqué, en allusion aux mauvais chemins que l’homme est « souvent tenté de prendre en quête d’une justification, d’une justice, d’une paix que le Seigneur lui donne gratuitement s’il prend le bon chemin et Le cherche ». La Miséricorde de Dieu, a-t-il rappelé, renvoie à l’image du père de famille qui « aime ses enfants, prend soin d’eux et leur pardonne », un père de famille qui « éduque et corrige quand ils se trompent, pour qu’ils grandissent dans le bien ».

Dieu ne renie jamais ses enfants

Dieu accompagne son peuple, Il lui pardonne, « laisse toujours la porte ouverte », mais l’éduque et le corrige « lorsqu’il n’est pas sur la bonne voie » : « C’est ainsi que Dieu est présenté dans le premier chapitre du livre d’Isaïe » où le Seigneur est décrit sous les traits « d’un père affectueux » mais également attentif et sévère quand Il s’adresse à Israël pour l’aider à comprendre la gravité de sa faute – infidélité et corruption – et le ramener dans la bonne voie ». Le plus méchant des hommes, la plus méchante des femmes, les plus méchants des peuples, sont ses enfants, et « Il ne les renie jamais… Même quand Il est déçu… C’est cela la miséricorde de Dieu », a insisté le Pape. « Même blessé par l’ingratitude, Il laisse parler l’Amour » et « en appelle à leur conscience pour qu’ils se repentent et se laissent à nouveau aimer ».

Aux bienfaiteurs : « Pas d’argent sale ! »

Le pape a alors exhorté les fidèles à se tourner vers le Seigneur, à « se rapprocher de Dieu, les mains purifiées, évitant le mal et pratiquant le bien et la justice » car « là où il y a refus de Dieu, de sa paternité, la vie n’est plus possible, elle perd ses racines, tout apparaît perverti et anéanti ». De fustiger alors également ceux qui se prétendent chrétiens mais exploitent leur prochain, voire « certains bienfaiteurs de l’Église » dont les offrandes sont « le fruit du sang de tant de personnes exploitées, maltraitées, traitées en esclaves, et un travail mal payé ». À ceux-là, le Pape a sévèrement rappelé : « S’il vous plaît, reprenez votre chèque et brûlez-le. Le peuple de Dieu n’a pas besoin d’argent sale, mais de cœurs ouverts à la miséricorde de Dieu ».