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En Thaïlande, bouddhistes et catholiques unis contre la peine de mort

Les représentants et croyants des deux religions réclament ensemble l’abolition de la peine de mort, au nom de leurs croyances.

Buddhist monks and a Thai Catholic nun light candles before singing and praying in front of the United States embassy in Bangkok, which is the second largest US embassy in the world, 18 September 2001 during a short protest by the Thai Inter-Religious Network for Peace  -- made up of buddhists, catholics, muslims and students.  The group condemned the terrorist attacks in the US, while also protesting against possible retaliatory US military strikes.    AFP PHOTO/Stephen SHAVER / AFP / STEPHEN SHAVER

© STEPHEN SHAVER / AFP

Le prêtre en charge du temple bouddhiste de Wat Pasukato, Phra Paisal Visalia, rappelle : « La doctrine bouddhiste s’oppose à ce qu’on détruise ou blesse une vie ». De leur côté, les catholiques ont entendu l’appel du pape François qui réclame que la peine de mort soit suspendue partout pour l’année de la Miséricorde et qui précisait dernièrement : « La vie humaine est sacrée, de la conception jusqu’à la mort naturelle. (…) La vie, en particulier la vie humaine, appartient seulement à Dieu. Même celui qui tue ne perd pas sa dignité personnelle et Dieu Lui-même s’en fait le garant ».

D’autres façons de réduire la criminalité

Dans son appel pour l’abolition de la peine de mort, le prêtre bouddhiste cite d’ailleurs le Souverain Pontife : « Les recherches conduites à travers le monde montrent que les pays qui abolissent la peine de mort voient leur taux de crimes graves diminuer », assure-t-il. Pour réduire la criminalité, il vaut donc mieux « prendre des mesures restrictives, qui empêchent le coupable de commettre d’autres crimes », explique Phra Paisal Visalia. Il ne le sait probablement pas, mais sa position rejoint celle du Catéchisme de l’Église catholique qui détaille dans son article 2267 que la peine de mort ne devrait pas être employée s’il existe d’autre moyens d’empêcher un criminel de nuire. Le prêtre bouddhiste ajoute que le développement économique et social sont des moyens d’encourager les gens à faire le bien, et à réduire leur inclination au crime. Son coreligionnaire, le moine Phramaha Supachai souligne de son côté l’importance de l’éducation. Il assure que la loi du Kharma (ce que nous sommes aujourd’hui est le résultat des actes passés et ce que nous effectuons maintenant, déterminera l’avenir), plutôt que la revanche, est une bonne façon de résoudre le problème.

Le couperet tombe pour la peine de mort ?

En Thaïlande, la peine de mort est prévue dans les textes de lois, y compris pour les trafiquants de drogues. Mais elle est de moins en moins appliquée. Les deux dernières exécutions remontent à 2009. Elles avaient été fermement condamnées par l’Église catholique thaïe, et en particulier par Mgr Chaiyara Banchong, évêque catholique d’Ubon Ratchathani, qui avait rappelé que ces exécutions s’inscrivaient contre l’enseignement de l’Église. En 2009, il y avait 743 condamnés dans le « couloir de la mort », mais dans les faits, aucun d’entre eux n’a été tué depuis. Comme si le gouvernement thaïlandais ne souhaitait pas appliquer la peine de mort, sans toutefois renoncer à ce pouvoir symbolique.