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Vivez le Carême autrement avec Aleteia (1/7). « Pas le temps » de se taire et méditer ? Mauvaise excuse !

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Le silence pour écouter Dieu
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De l’importance de faire silence

Presque tabou, le silence est devenu l’ennemi des sociétés actuelles, réduit à néant par nos cerveaux encombrés, balayé par la prolifération des médias et des portables, brisé par des flots de paroles, dissipé par des musiques d’ambiance. Dans la course de nos vies, il s’est effacé sans bruit au rythme de nos priorités professionnelles ou de nos distractions étudiantes pour devenir la propriété exclusive de l’ermite ou du religieux.

Alors que l’enfance lui conférait quelque charme par ses « Roi du silence » ou ses joyeuses parties de cache-cache où l’on maudissait les indiscrétions d’un vieux parquet, les années l’ont peu à peu rendu indésirable, en en faisant l’apanage d’un professeur trop irritable et l’ennui d’un voyage sans écouteurs.
Le « blanc » est donc peu à peu devenu le cauchemar des conversations, et le « dis quelque chose ! » le rituel des disputes sans issue, assimilant le silence à une tension, une angoisse, un vide à combler.

Quid de notre intériorité ?

Quel silence l’homme fuit-il donc ? Une absence de bruit ou un grand vide ?
De fait, il me semble que c’est précisément cette peur du vide qui pose problème, dessinant les contours d’une intériorité ignorée ou ignorante. Car en réalité, le silence nous dit bien quelque chose : il est rempli de nos pensées, de nos émotions, de ce qui conduit l’homme à s’interroger et lui permet de bâtir les fondations de sa vie par les petites certitudes qu’il construit et les grandes questions qu’il se pose. Dans le silence, la mémoire se manifeste, nous faisant revivre certains instants en rappelant à l’esprit chaque choix que l’Homme a fait pour poser une parole ou un acte.

« Si le silence nous pèse, c’est que nous on avons terriblement besoin » affirmait Gaston Courtois. En effet, une fois que nous avons fui le brouhaha extérieur, nos questionnements intérieurs nous envahissent inévitablement, d’autant plus violemment lorsque nos moments de silence sont trop rares. Convoquant la raison, les émotions, la conscience, le silence permet une réflexion qui fait peur car elle impose une observation de soi-même, une prise de position par rapport à ce qui nous entoure. Mais bien que le silence soit parfois difficile, il est nécessaire, car il permet la manifestation de l’intériorité de chaque homme.

Du silence factuel au silence intérieur

Vous me direz légitimement qu’il est bien beau de se retirer dans le silence mais que ce silence ne sera donc que factuel puisque l’Homme sera tourmenté par le fourmillement de ses réflexions intérieures. Cependant, ce sont ces réflexions qui permettent de nourrir une vie intérieure qui élèvera l’âme. Prendre un instant de silence, c’est se donner l’occasion de s’écouter, de s’arrêter sur nos sentiments, parfois même nos ressentiments pour mieux nous connaître et mieux poser des petits choix quotidiens qui n’ont l’air de rien, mais nous construisent néanmoins. Lorsque nous sommes en accord avec nous-même, il devient alors bien plus facile de trouver un peu de paix intérieure.

« On va bien prendre des bains de soleil. Pourquoi y-a-t-il si peu de gens qui aient l’idée de prendre un bain de silence ? » demandait Claudel avec humour. Car si le silence créé, il apaise également. Et si pour une fois, en rentrant de cette longue journée hivernale, vous délaissiez la froide routine de votre quotidien pour vous plonger vous aussi avec délices dans un grand bain…de silence ?

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