Société

Le silence des santons

Dans l’indifférence médiatique, plusieurs crèches de noël ont été vandalisées durant cet Avent 2015. Qui se souvient qu’une crèche, c’est sacré ?

La crèche de Noël de l'église de Hakahau à Ua Pou (îles Marquises)

La crèche de Noël de l'église de Hakahau à Ua Pou (îles Marquises) © LUSILE17

En France, en Italie et en Belgique, une série d’actes de vandalisme ont visé les crèches de Noël. Le plus souvent, ce sont des bêtises de jeunes désœuvrés, mais elles révèlent une perte de sens du sacré.

Le petit Jésus de Bruxelles

Le 14 décembre, RTL Belgique signale que trois individus s’en sont pris à la crèche de la Grand-Place de Bruxelles. Renversant deux statues, ils se sont emparés de la figurine représentant l’Enfant Jésus. Mais, comme le fait remarquer Daniel Hamiche de l’Observatoire de la christianophobie, « ces jeunes n’auraient pas pu voler l’effigie de Jésus si les édiles bruxellois avaient respecté la tradition : la crèche reste vide de toute présence de l’Enfant Jésus jusqu’à la veillée de Noël… ». Les malfrats ont été appréhendés, et s’en sortent avec le prix de la restauration à payer.

Les brumeux « Antifas »

À Hachimette, dans le Haut-Rhin, l’affaire aurait pu prendre une tournure dramatique à cause d’une action des « Antifas », rapporte L’Alsace. Ces résistants au « fascisme » ont mis le feu à une effigie de l’Enfant Jésus. L’intervention d’un passant a empêché la propagation d’un éventuel incendie. Le mouvement, qui a revendiqué son acte au moyen d’un tag, dispose de branches partout en France, dont certaines ont appelé à dégrader des églises.

Le voyage du Roi mage

À l’île Rousse, en Haute-Corse, des vandales s’en sont pris à une grande crèche, coupant les câbles qui maintenaient les personnages, rapporte Corse Net Infos. Plusieurs ont été endommagés. En revanche, le Roi mage, qui avait disparu, a mystérieusement retrouvé sa place devant la Sainte Famille. Preuve que même dans le cerveau d’un lâche massacreur de santons, le remord – voire pourquoi pas la grâce – peut se frayer un chemin.