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La Tunique d’Argenteuil fut-elle vraiment le manteau du Christ ?

La Tunique d'Argenteuil, telle qu'on peut l'apercevoir actuellement © Sylvain Dorient
La Tunique d'Argenteuil, telle qu'on peut l'apercevoir actuellement
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À l’occasion de la prochaine ostentation de la Tunique d’Argenteuil, le 25 mars 2016, la question de l’authenticité de cette relique revient.

La Tunique d’Argenteuil, traditionnellement vénérée comme étant le vêtement que le Christ portait lors de sa Passion, sera présentée le Vendredi Saint de l’année 2016, soit le 25 mars 2016. Selon la coutume, elle n’est offerte aux regards du public que deux fois par siècle, mais Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise et gardien de la Sainte Tunique, a décidé de cette ostentation exceptionnelle. Elle salue la concordance de trois dates en 2016 : les 50 ans du diocèse de Pontoise, les 150 ans de la basilique Saint-Denis d’Argenteuil et le jubilé de la Miséricorde proclamée par le pape François (Aleteia)

« Une icône »

« La question de l’authenticité de cette relique est certes importante, mais elle n’est pas essentielle », explique Mgr Lalanne. L’évêque y voit « une icône », c’est-à-dire une image adressée à tous. En ce sens, il rappelle que la tunique ne fait l’objet d’aucun dogme.

En France depuis 1 200 ans

Offerte en l’an 800 par l’impératrice byzantine Irène à Charlemagne, la relique est ensuite confiée par l’empereur à sa fille, religieuse contemplative, le 12 août 812 à 13 h, précisent les chroniques. Depuis ce temps, elle a connu une multitude de déboires : cachée, découpée, recousue… Elle a toutefois traversé les siècles jusqu’à nous, suscitant la dévotion des fidèles et l’intérêt des scientifiques… voire les deux en même temps, puisque le vicaire de la basilique d’Argenteuil, l’abbé Nicolas Joli, est de formation scientifique. Il s’est naturellement passionné pour la tunique qu’abrite sa basilique.

Indices concordants

Il produit des indices solides et concordants pour valider l’authenticité de la tunique. Comme pour le Linceul de Turin ou le Suaire d’Ovido, des pollens retrouvés sur le tissu permettent de confirmer que l’objet a été confectionné en Galilée, grâce à la présence de deux espèces endémiques. Les trois objets concordent sur ce point, puisque parmi les 11 pollens retrouvés sur le vêtement d’Argenteuil, sept sont communs aux trois reliques.

Concordance des reliques

Les zones tachées de sang observées sur le vêtement d’Argenteuil correspondent à celles du Linceul de Turin. Là aussi, l’examen des globules rouges permet de constater qu’ils appartenaient à un homme soumis à un stress intense. Enfin, le groupe sanguin du sang qui tache le tissu, AB, un groupe relativement rare puisqu’il concerne 4% de l’humanité, est le même pour les trois reliques. Si c’est une coïncidence, elle avait une chance sur 8 000 d’advenir souligne le père Nicolas Joli. Le prêtre signale aussi que ce groupe sanguin est le même que celui observé lors de miracles eucharistiques.

Problème de carbone 14

Comme pour le Linceul de Turin, la datation au carbone 14 vient toutefois écorner ce faisceau d’indices concordants. Selon un examen réalisé avec cette technique, le vêtement vénéré à Argenteuil daterait du VIe siècle.

Un argument qui ne convainc pas un autre passionné de la Tunique, le père Guy-Emmanuel Cariot, recteur de la basilique : « Les datations au carbone 14 sur des éléments de tissu me semblent hasardeuses, car ils sont susceptibles d’être pollués par leur environnement. C’est particulièrement évident dans le cas de la Tunique d’Argenteuil qui a au court de son histoire été cachée dans des murs, rapiécée, a subi la présence de milliers de cierges et a même été enterrée dans un cimetière ! ».

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