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Philippe de Villiers : le livre, l’enracinement et l’espérance d’un Français

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Le moment est venu de dire ce que j’ai vu – Le titre annonce la couleur. C’est avec une plume exaltante que Philippe de Villiers revient sur une vie de combats.

Après Charrette et la tragique épopée vendéenne, après saint Louis le justicier suprême défenseur du bien commun, c’était Jeanne d’Arc, la Pucelle qui boutait les Anglais hors de France alors que tout semblait perdu. Mais quand tout semble perdu, il reste l’espérance et c’est pour entretenir la flamme que Philippe de Villiers vient avec panache dénoncer les fossoyeurs du pays qu’il a tant aimé et qu’il voit mourir. Il les a vus, les a connus, les a fréquentés. Le moment est venu de dire ce qu’il a vu.

Des portraits au vitriol

Hollande, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Poutine, Juppé, la jaquette est racoleuse. Autant d’hommes dont Philippe de Villiers dresse un portrait au vitriol, mais là n’est pas l’essentiel. Tout au plus de la « crapaudaille » comme il dit. Non, ces pages ne sont jamais aussi profondes que lorsqu’elles évoquent la vie et la pensée de son auteur. Lorsqu’il évoque son œuvre, le parc à thème du Puy du Fou, la plume se fait alerte, précise et va droit au cœur. C’est le souffle d’un homme qui veut rendre hommage à la terre qui l’a fait : « J’ai écrit un poème allégorique parmi les herbes folles, sur une humble colline de hêtres ; j’ai allumé des feux grégeois, des petites lumières dans la nuit, vacillante. Il n’y avait que des corbeaux tout autour et, en face de moi, une ruine. Mauvais présage. Je n’avais, pour étonner, sous le chariot des étoiles, rien d’autre que ma plume et le frisson qui va avec. (…) Assis au milieu de mon public virtuel, je rêvais de faire venir la France, puis le monde dans ma petite Vendée ».

La suite, on la connaît. Derrière l’atlantisme, le déracinement. Derrière la liberté, l’impérialisme culturel. Derrière la croissance illimitée, la jouissance immédiate. L’essayiste Hervé Juvin l’a dit, le mur de l’Ouest n’est pas tombé. Le Puy du Fou et Disney, c’est « le rêve consumériste face au rêve historique. D’un côté, les parcs à thème mondialisés qui formatent des sensations avec des manèges. On monte, on descend, on crie, et puis on s’en va.  Et de l’autre côté, des parcs à thèmes enracinés qui font partager des émotions poétiques avec des spectacles vivants sur l’histoire singulière des civilisations. On vibre ensemble, on pleure ensemble, on rit ensemble. Et ensemble, on se souvient ».

Une ode à sa patrie

C’est impuissant qu’il assiste à la liquidation des campagnes. La fin d’un monde. L’appel de la ville, toujours plus de croissance, toujours plus de consommation, toujours plus de bien-être. Et puis la construction d’une union européenne libérale qui fait fi de ses racines chrétiennes et qui permet la globalisation. Pour satisfaire aux besoins d’un capitalisme toujours plus étendu, « il faut ‘être mobile’. Mobilité professionnelle, géographique, affective. Mobilité de la carrière, du caprice. On a plus d’axe. On a la tête qui tourne. On vit dans l’instant, le provisoire, le fugitif et le futile. On campe ». Contre l’homme nomade et désincarné, Philippe de Villiers nous livre une ode à la patrie charnelle, celle des pères et de l’éducation. Le témoignage d’un enraciné.

Évidemment, les portraits incisifs sont savoureux, c’est ce que retiendra le tourbillon médiatique qui s’annonce. Les révélations sur les sondages et la corruption à Bruxelles viennent quant à elles nous confirmer, s’il subsistait des doutes, que nous vivons dans un simulacre de démocratie derrière lequel se cache l’immense pouvoir de l’argent. Mais ce livre est plus qu’un récit de carrière politique. C’est une lumière dans un tunnel. C’est un livre testament et le livre d’un éveil. Le livre de rencontres édifiantes avec Soljenitsyne et le professeur Lejeune, dissidents d’un monde en décomposition. Le livre de combats, pour la vie, contre la globalisation qui détruit nos terroirs et toujours pour la France. De toutes les vertus les plus importantes, disait Hélie de Saint Marc, « la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse ». Philippe de Villiers en exemple, toujours fidèle à son pays, à ses traditions, et à l’esprit de chevalerie française.

Le moment est venu de dire ce que j’ai vu de Philippe de Villiers. Albin Michel, septembre 2015, 21,50 euro.

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