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Irak : le camp de réfugiés de Ashti aura bien son église

© Fraternité en Irak
Bénédiction de la première pierre de l'église du camp de réfugiés d'Hashti près d'Erbil en Irak.
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L’association Fraternité en Irak a presque bouclé le financement d’une église toute neuve pour les réfugiés irakiens chrétiens.

Le budget de 110 000 dollars requis pour boucler la construction de l’église de l’Annonciation du camp de Ashti, à côté d’Erbil dans le Kurdistan irakien, est presque atteint. Heureusement, car sur place les travaux sont déjà bien avancés : débutés au mois d’août, ils devraient être achevés fin octobre.

Église d’urgence

Les chrétiens d’Irak qui ont dû fuir l’État islamique (Daesh) se retrouvent majoritairement autour d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. Installés provisoirement dans des caravanes ou des immeubles en construction, ils ont longtemps refusé d’aménager leur campement, persuadés qu’ils pourraient rentrer dans leurs maisons, ou trouver refuge dans un pays qui les accueillerait. Mais cette perspective s’éloigne, et ils aménagent à présent un village provisoire avec le soutien des ONG qui, après avoir paré au plus pressé, tentent à présent d’améliorer les conditions de vie de ces exilés. Depuis l’offensive de Daesh, il y a plus d’un an, les 1 200 familles qui vivent dans le camp de Ashti se contentent d’une bâche pour dire la messe. La situation est difficilement tenable durant les chaleurs de l’été et impossible pendant l’hiver irakien !

Un nouveau village

Or, le lieu de culte est central pour les chrétiens d’Orient. « Les paroissiens se sont inquiétés de voir que certains enfants de 4 ans ne connaissaient plus le Notre Père », explique Faraj Benoît Camurat, président de Fraternité en Irak. À la demande du père Emmanuel, le curé de la paroisse et de Mgr Petros Mouche, l’archevêque de Mossoul et Qaraqosh, ils ont décidé au mois de juillet 2015 de lancer la construction de cette église. Elle donnera un air de village à ce campement provisoire qui s’éternise et où la vie reprend progressivement ses droits. Fraternité en Irak a ainsi aidé à l’établissement d’une boulangerie : pas moins de cinq déplacés se chargent de faire le pain de leurs compagnons d’infortune. Dans la philosophie de cette ONG, il s’agit de redonner le plus possible les commandes aux personnes déplacées afin qu’elles participent à la reconstruction de leur communauté.

Rythme de messes intensif

La nouvelle église ne risque pas d’être laissée à l’abandon : partagée entre les communautés syriaques et chaldéenne, elle accueillera théoriquement 600 personnes par office, certainement plus assure-t-on à Fraternité en Irak : « Les standards de remplissage d’une église ne sont pas les mêmes en France et en Irak ». Il y aura deux messes par jour, l’une pour les chaldéens, l’autre pour les syriaques, plus des cours de catéchismes pour les enfants. L’édifice viendra aussi combler le manque de structure paroissiale : elles remplissent un rôle social de premier plan chez les chrétiens d’Orient.

Le toit est posé

L’installation de ce nouvel édifice a été compliquée : « Rien ne se passe jamais comme prévu en Irak », explique-t-on. Il a fallu notamment déplacer deux familles de réfugiés. Faraj Benoît Camurat se souvient : « Parmi ces deux familles, il y en avait une qui avait déjà déménagé de Mossoul à Qaraqosh puis d’une école à un centre commercial désaffecté… Malgré ce énième déménagement, ils ont été très compréhensifs et ont accepté de se réinstaller plus loin ». Après un mois de travaux, le toit est posé, et la structure prend forme. Le père Emmanuel a souhaité que cette église soit celle de l’Annonciation, sous-entendant « l’Annonciation d’une bonne nouvelle » : que les chrétiens puissent enfin rentrer chez eux.

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