Arts / Spectacles

Ideas Box : une médiathèque en kit pour redonner espoir aux réfugiés

Facile à transporter et à monter, la "boîte à idées" de l’association Bibliothèques sans frontières fait un tabac et peut passer à l’échelle industrielle...

Dix-sept ans, c’est le temps moyen passé par un réfugié dans un camp. Dix-sept années pendant lesquelles, la plupart du temps, il n’aura pas le droit de sortir de ce camp, de travailler. C’est ce que vivent aujourd’hui plus de 50 millions de personnes réfugiées ou déplacées suite à des conflits ou des catastrophes dans le monde. Or, au-delà de ses besoins immédiats comme se nourrir, se loger, se soigner… l’être humain a besoin de se projeter dans l’avenir pour se reconstruire, de recréer des liens. Et quand on a tout perdu, c’est difficile de se reconnecter. Ideas Box est née dans cette optique, pour l’accès à l’information, la culture et l’éducation des populations réfugiées.

Un véritable centre culturel en kit

La "boîte à idées" de l’association Bibliothèques sans frontières (BSF) est une sorte de centre culturel en kit standardisé, robuste et autonome énergétiquement, imaginé avec le concours du Haut Commissariat aux réfugiés et le créateur Philippe Starck. Le dispositif est facile à transporter et à monter. Déployé, il occupe une surface d’une centaine de mètres carrés. On y trouve des tables pour consulter les ordinateurs, lire des livres ou regarder des films. Les populations ont accès à l’Internet satellitaire ou 3G, mais également à une vingtaine de tablettes et d’ordinateurs, à un cinéma, à des livres, à des outils pour faire du théâtre, de la musique, confie à RFI Jérémy Lachal, le directeur de BSF. Il explique que c’est aussi un outil pour rêver, pour créer, pour imaginer des futurs possibles.
 
Le créateur français Philippe Starck compare ces boîtes de couleurs pastel à des "cadeaux de Noël tombés du ciel" :
 

Les premières boîtes arrivées au Moyen-Orient

Les Ideas Box sont déjà répandues un peu partout dans le monde, par exemple au Burundi auprès des réfugiés congolais originaires du Kivu, qui ont subi des violences très dures. Et depuis quelques semaines à peine, il y en a aussi auprès des réfugiés syriens, au Liban et en Jordanie, donnant "des clés à des gens qui sont complètement désespérés, dans ces situations d’enfermement total, bloqués au milieu du désert", ajoute Jérémy Lachal. L’ Ideas Box remet du lien, redonne du sens et de l’espoir, "et c’est fondamental quand on est dans ces situations d’abandon total", ajoute-t-il.  

 
 

Un objectif de 100 Ideas Box par mois

Après avoir démontré toutes ses capacités et sa grande modularité, les créateurs ont très vite commencé à imaginer son utilisation et son impact dans d’autres contextes, voire aussi dans les pays industrialisés. Récemment, la "boîte à idées" a reçu
le label "La France s’engage". Sa fabrication peut donc passer à l’échelle industrielle pour répondre à la demande, ce dont se réjouit le directeur de BSF qui mise sur une production de 30, 50, 100 Ideas Box par mois, tant l’impact de celles-ci est positif. Chaque boîte coûte quelque 60 000 dollars, l’objectif est de faire baisser le prix de moitié.

 
En France, deux squares du 10e arrondissement de Paris ont déjà leur Ideas Box. Celle-ci sert de passerelle vers les bibliothèques pour des publics très éloignés des infrastructures culturelles. Cet été, il en est prévu une à Sarcelles pour les jeunes qui ne partent pas en vacances, pour les aider à réviser leurs cours, s’ils le veulent, mais aussi pour créer, travailler, faire de la musique, du théâtre, des films…