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TÉMOIGNAGE. « J’ai évacué une Femen de la place Saint-Pierre »

Un jeune Ghanéen a expliqué à Aleteia pourquoi il a aidé les policiers, le 14 novembre, à évacuer des activistes Femen de la place Saint-Pierre.

FEMEN protesters with hero - fr

Aleteia

Ce que personne n’ose entreprendre d'ordinaire, lui l’a fait, par amour pour Jésus et l’Église. Et par respect pour les enfants, qu’on ne scandalise pas impunément.

Il s'appelle Caramba, il vient du Ghana et travaille non pas pour la police mais pour une agence de tourisme. D’où sa présence place Saint-Pierre, le 14 novembre, quand deux Femens se sont livrées à l’une de leurs provocations favorites. Il n’était pas mandaté pour cela, mais son sang n’a fait qu’un tour : il a prêté main forte aux policiers. Et pour commencer, ce saint Martin des temps modernes s’est dépouillé de son manteau (son pull, en l’occurrence) pour (tenter de) recouvrir la nudité de la dame.

La photo de ce cadre du Seigneur en mission et chemise-cravate, lunettes de soleil perchées sur le bas du crâne, a fait le tour des réseaux sociaux. Elle a aussi permis à un journaliste d’Aleteia de l’identifier quelques jours plus tard, alors qu'il se trouvait de nouveau place Saint-Pierre. Voici son témoignage.

Aleteia : Cette  femme était-elle seule ?
Caramba : Non, elles étaient deux. Mais l’autre s’est échappée, dès que je suis intervenu. L’an dernier, quand le même scénario s’était déroulé, elles étaient plus nombreuses. Mais la police avait fait plus vite et les avaient rapidement évacuées. Les gens avaient cependant réussi à faire des photos.

Comment les Femen procèdent-elles ? Que pensez-vous de leur façon de faire ?
Ces filles viennent ici, où il y a de braves gens, des familles en provenance du monde entier. Le problème c’est qu’elles entrent sur la place habillées, toutes gentilles, et donc, on ne voit rien et on ne s’attend pas à ce qui va se passer. Et puis, quand elles voient que les policiers sont loin ou ne les regardent pas, elles se déshabillent. Et elles le font à l’intérieur du Vatican (dont fait partie la place Saint-Pierre, ndlr), pour faire penser que le Vatican et l’Église ne valent plus rien. Et cela, c’est inacceptable.

Pourquoi et comment êtes-vous intervenu ?
Quand une mère vient quelque part avec ses enfants et voit une femme nue, elle n’a plus envie d’y revenir. On ne peut pas montrer un tel spectacle aux enfants. Voilà pourquoi j’ai essayé de sauver la situation, ainsi d’ailleurs que cette femme elle-même. J’ai enlevé mon pull pour la couvrir, mais elle était très agressive et ne voulait pas qu’on la couvre. Alors, je l’ai prise à bras le corps. Ces femmes font cela pour déranger, sachant que beaucoup de gens prendront des photos. Alors, je l’ai saisie de force et nous l’avons mise dans la  voiture de police.

Quelles étaient vos motivations profondes ?
Je tiens à l’Église. Et pour moi, il n’est pas possible que les gens viennent ainsi et manquent de respect à l’Église, qui les accueille, ainsi qu’aux enfants. Je l’ai fait de tout mon cœur, sans réfléchir. Je ne travaille pas pour la police, mais pour une agence de tourisme et, je le répète, je tiens à l’Église et à Jésus.

Traduit de l'italien par E. de Baudouïn