Économie

L’Allocation de Rentrée Scolaire dope les ventes… de tablettes et de jeux vidéo !

Faute de contrôles et de contraintes, l’aide d’Etat censée permettre d’acheter des fournitures scolaires est largement détournée.

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L’ARS, Allocation de Rentrée Scolaire, a été versée mardi sur les comptes d’un peu plus de trois millions de familles françaises. Cette année encore, le montant de l’allocation est en hausse, de 0,7% par rapport à l’année 2013, soit un peu plus que le taux d’inflation, qui s’élève à 0,5 en juillet 2014. 

Cette aide versée sous conditions de ressources est de 363 euros pour un enfant entre 6 et 10 ans, de 382 euros entre 11 et 14 ans, et de 396 euros entre 15 et 18 ans. Cette aide laisse cependant de plus en plus perplexe quant à son utilité, le versement de ces sommes par l’Etat entraînant toujours une envolée des ventes de produits high tech, bien loin d’un quelconque outil pédagogique. En témoigne un chef de rayon de grande surface à Tours, qui dans une interview accordée à la radio France Bleu, confirme que les ventes de jeux vidéos augmentent de 50% le jour de la distribution de l’allocation. Certaines familles n’hésitent pas à s’offrir des jeux vidéos, des DVD ou des écrans plats, explique ce chef de rayon. 

Autre point d’embarras, le nouveau décret gouvernemental qui prévoit qu’à compter de cette année, les parents d’adolescents de 16 à 18 ans n’auront plus à fournir de justificatif de scolarité, une attestation sur l’honneur assurant que l’enfant est scolarisé sera désormais suffisante. Cette modification répondait à une demande des associations familiales, qui affirmaient que le fait de devoir attendre la rentrée pour obtenir de l’établissement un justificatif causait un retard pouvant désavantager les familles les plus pauvres. Il n’empêche que les abus seront largement facilités…

En même temps que le versement de cette aide, on apprenait que la dette de la France dépasse les 2000 milliards d’euros, soit une dette de 30 388 euros par Français, soit 2,5 le SMIC annuel net, selon le compteur de l’Institut Montaigne. L’Hexagone est en outre le seul pays d’Europe à accorder de tels financements pour la rentrée scolaire. Certains autres pays de l’Union proposent ce type d’aide d’Etat , comme par exemple la Pologne, l’Irlande, la Belgique et le Luxembourg, mais jamais à un tel niveau.