Aleteia

Meriam Ibrahim, icône mondiale des martyrs chrétiens

AP
Partager
Commenter

Son histoire se termine bien. Mais elle permet aussi de mettre un visage sur la persécution au quotidien de milliers d’autres chrétiens.

Les tragédies à grande échelle ont besoin d’un visage particulier pour être perçues comme réelles. Et le cas de la jeune soudanaise et chrétienne Meriam Ibrahim aidera peut-être à réaliser les persécutions vécues au quotidien par des milliers de chrétiens à travers le monde.

Elevée en chrétienne, Meriam a été accusée par les autorités islamiques soudanaises d’adultère et d’apostasie, et condamnée à  mort après avoir reçu 100 coups de fouet. Son emprisonnement pendant sa grossesse, avec son fils de deux ans, a représenté un scandale mondial en matière de droits de l’homme. Son calvaire a empiré quand elle a dû donner naissance à sa petite fille chaînes aux pieds. Aujourd’hui, libre enfin, Meriam a fait le voyage de  Khartoum à Rome pour rencontrer le Pape François.

Le Pape, familier des gestes symboliques spontanés, était bien conscient que Meriam et ses enfants sont le visage de la terreur anti-chrétienne. « Par ce geste, le Pape a voulu manifester sa proximité, sa sollicitude et sa prière aussi pour tous ceux qui souffrent pour leur foi et surtout pour les chrétiens qui souffrent de persécutions ou de restrictions à la liberté religieuse», a  indiqué le père Federico Lombardi, porte-parole du Pape.

Ecrivant pour la National Review, le père Robert Barron nous rappelle l’extension planétaire de la persécution des chrétiens. Pas seulement les chrétiens dans la ville de Mossoul qui ont reçu un ultimatum de se convertir à l’Islam, payer l’impôt ou être exécutés, mais aussi, par exemple, en Arabie Saoudite  où les catholiques ne jouissent pas de la liberté religieuse. « La persécution  du christianisme par les musulmans ne se limite pas au Moyen-Orient», écrit le père Barron. « Depuis un certain temps, en Indonésie, en Inde et aux Philippines, des chrétiens sont la cible des islamistes radicaux. Et peut-être les exemples les plus extrêmes de cette persécution sont-ils les attaques lancées par le groupe islamiste Boko Haram au Nigeria. Cette secte terroriste a brûlé des églises, tué gratuitement, sans motif, des chrétiens innocents sur leurs lieux de culte, et plus récemment, enlevé des centaines de jeunes filles chrétiennes dont le seul crime était d’aller à l’école ».

Un des mythes est que les chrétiens seraient persécutés par les seuls musulmans. En fait, c’est bien  pire qu’une guerre entre juste une religion contre le christianisme. Dans son excellent livre The Global War on Christians  (La guerre globale contre les chrétiens), John Allen, journaliste renommé du Boston Globe,  examine le phénomène de la persécution des chrétiens dans le monde. Allen souligne que les chrétiens sont persécutés dans le monde entier de différentes manières et pour différentes raisons. En Amérique du Sud, ils sont persécutés par des militants de gauche, en Italie par la mafia. En Chine, ils sont persécutés par le régime communiste. En Amérique du Sud par des intérêts commerciaux  musclés. En Corée du Nord par un régime athée, en Inde par des hindous radicaux.

La persécution de Meriam Ibrahim aura été terrible : la prison et la perspective de la flagellation et de la mort. Ailleurs, la persécution est d’ordre financier. Les chrétiens sont imposés injustement, ou leurs entreprises boycottées. Les chrétiens sont mis à l’écart de l’avancement de carrière, se voient refuser des contrats de travail, sont licenciés, exclus des opportunités d’éducation et rétrogradés. Parfois, la persécution est sociale. Si un hindou ou un musulman se convertit au christianisme, il peut être mis au ban de la société, exclus de leur famille et même torturés ou tués par la communauté pour avoir déshonoré leur patrimoine. La persécution s’étend aux entreprises et aux biens de l’Église, avec des librairies et des bibliothèques incendiées.

Pages : 1 2 3

Partager
Commenter
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]