Religion

Guyane : le conseil général a décidé de ne plus payer le salaire des prêtres

L'évêque de Cayenne vient de l'apprendre : le conseil général de Guyane ne paiera plus le salaire des prêtres, jusqu'alors rémunérés par l’état, comme en Alsace et en Lorraine.

diocèse de guyane

DR / diocèse e Guyane

18/05/14

Il semble que, ces temps-ci, la Guyane ne porte décidément pas chance à l’église catholique… En effet, c’est un véritable tremblement de terre qui vient de toucher l’Église de Guyane : Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, a reçu un courrier le 14 mai 2014, lui indiquant que les 26 prêtres recevant actuellement un salaire du conseil général avaient été rayés d’office à partir du 1er mai dernier. Pour mémoire, le diocèse étant sous le régime du Concordat, les prêtres étaient jusqu’à maintenant rémunérés par l’état, comme en Alsace et en Lorraine.

Non seulement le diocèse a reçu la nouvelle de cette radiation a posteriori, avec quatorze jours de retard. Mais, plus bizarrement encore, selon ce même courrier, le conseil général continuerait de verser le salaire de l’évêque de Cayenne ! Un évêque ne serait donc pas un prêtre aux yeux des juristes créatifs du département… Juridiquement, tout cela semble des plus étonnants, ce qui ne change rien, dans l’immédiat, à la situation financière compliquée dans laquelle se trouvent les 26 prêtres du diocèse.
Le département de la Guyane forme le diocèse de Cayenne. La population actuelle est d’environ 300 000 habitants, dont 200 000 catholiques. En 1932, la Préfecture apostolique de la Guyane a été érigée en Vicariat apostolique, celui-ci ayant été érigé en Diocèse en 1956. Au 1er mai dernier, la Guyane comptait 37 prêtres, 26 rémunérés par le Conseil Général, 6 par le diocèse grâce à la contribution des 26 prêtres, 4 à la retraite et un prêtre salarié.

Ni la date ni la procédure n’ont fait l’objet d’une négociation entre le Conseil Général et l’évêché de Cayenne. Il s’agit donc là d’une décision non négociée et qui met brutalement le diocèse dans une situation impossible. "Je compte sur vous pour qu’ensemble nous trouvions une solution acceptable pour tous, dans la justice", souligne Mgr Lafont. Si on peut comprendre que des situations doivent évoluer, elles ne peuvent pas changer d’une manière brutale au mépris des situations humaines."

Au-delà de sa brutalité, faut-il voir dans cette décision une volonté délibérée de s’attaquer à l’église catholique par pure idéologie ? Il appartiendra à Alain Tien-Long, président du conseil général, membre du parti indépendantiste guyanais et proche de Christiane Taubira, de s’expliquer sur cette soudaine remise en cause unilatérale du régime du Concordat en Guyane.