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Medjugorje : le rapport final sur les apparitions bientôt entre les mains du Pape

© P.M WYSOCKI / LUMIÈRE DU MONDE
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La Commission d'enquête internationale a remis le dossier à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Après l’avoir examiné, elle présentera ses conclusions au Pape qui décidera.

Après  quatre années d’enquête sur les évènements de Medjugorje, la Commission internationale créée par le Saint-Siège a remis ses conclusions à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Celle-ci devra examiner le dossier et présenter ses conclusions au pape François, à qui revient la décision définitive.
 
C’est ce qu’expliquent Giacomo Galeazzi et Andrea Tornielli  dans un article pour Vatican Insider, paru le 19 janvier  et traduit par nos soins :

«  C’est pour bientôt !  La décision définitive de l’Eglise sur le phénomène  Medjugorje  est proche. La Commission d’enquête nommée en Mars 2010 et présidée par le cardinal Camillo Ruini a terminé ses travaux.

Le père Federico Lombardi, répondant aux questions des journalistes, a confirmé ce samedi matin, que vendredi dernier 17 janvier, a eu lieu la dernière réunion de la Commission et maintenant, « comme prévu, le résultat de l’enquête sera soumis à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi», dirigée par le préfet Gehrard Müller ».

Les interrogatoires des six voyants et de nombreux autres témoins, les récits des personnes concernées, les expertises, la réflexion théologique sur les messages : tout le matériel, synthétisé dans un rapport final détaillé, est donc à la disposition de la Congrégation pour la doctrine de la foi (ex Saint-Office), qui doit soigneusement l’évaluer avec d’autres documents déjà recueillis au cours de ces années par la Congrégation.

De ce qu’on sait, il ressort que la Commission d’enquête a cherché à se concentrer principalement sur la première période des apparitions. Il n’y aurait aucune preuve  de supercherie, de  tromperie  ou d’abus de la crédibilité populaire.  Mais, en même temps, il semble peu probable que l’on puisse parvenir à une déclaration définitive sur le caractère surnaturel d’un phénomène toujours en cours.

Sur les six voyants de Juin 1981, enfants ou adolescents à l’époque, trois assurent bénéficier encore aujourd’hui de l’apparition quotidienne de la «Reine de la Paix », toujours à la même heure de l’après-midi, où qu’ils se trouvent: Vicka (qui habite près de Medjugorje), Marija (qui vit à Monza en Italie) et Ivan (qui réside aux États-Unis, mais retourne souvent chez lui à Medjugorje). Une quatrième voyante, Mirjana, a une apparition tous les 2 du mois, tandis que les deux derniers voyants de Medjugorje, Ivanka et Jakov, ont l’apparition une fois par an.

Un problème auquel a été confrontée  la Commission est l’énorme quantité de messages diffusés. Ainsi que l’annonce prophétique de signes extraordinaires et secrets, que les voyants ne veulent pas dévoiler, même à l’autorité ecclésiastique.

Certains membres de la Commission, – ce point est même évoqué dans le rapport – ont souligné la nécessité d’un changement de rythme dans la pastorale des millions de fidèles qui, du monde entier, se rendent à Medjugorje. La Commission, et le cardinal Ruini lui-même à travers les voyages de personnes proches de lui, ont pu constater que les conversions et le rapprochement d’avec les sacrements – autrement dit les fruits que l’Église qualifie de spirituels – sont réels et significatifs.

Cependant, faire ce constat ne signifie pas s’exprimer sur la nature surnaturelle des apparitions. Et même, ces derniers mois, les manifestations publiques aux Etats-Unis du voyant de Medjugorje Ivan Dragicevic, avec des apparitions prévues au programme, ont été annulées sur la demande, faite aux évêques américains,  de Mgr Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Eloquentes aussi les expressions utilisées par le Pape François à la messe à Sainte Marthe  le 14 novembre dernier, lorsqu’il a dit : «Mais la Vierge est Mère ! Elle n’est pas un chef de bureau de la Poste, qui envoie des messages tous les jours ». Des paroles qui visent tous ceux qui passent leur vie à courir après des messages et des prophéties sur l’avenir.

L’évêque de Mostar, Ratko Peric, sous la juridiction duquel se trouve Medjugorje, est notoirement sceptique sur le phénomène, tout comme son prédécesseur. Alors que, à l’arrière-plan, il y a aussi l’éternel problème des rapports entre le clergé diocésain et les franciscains d’Herzégovine à l’époque des apparitions.

Dans un passé récent, deux propositions avaient été avancées : restaurer  l’ancien diocèse de Trebinje, afin soustraire Medjugorje du territoire de Mostar, ou créer un sanctuaire dont la gestion serait confiée à un recteur de l’extérieur.

Traduction pour l’édition française de Aleteia : Elisabeth de Lavigne
 

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