Éducation

Suisse : Les cours d’éducation sexuelle et la « SexBox » en question

Cela fait quelques temps déjà que les cours d’éducation sexuelle à l’école publique provoquent d’importants remous chez nos voisins helvétiques.

Lisa und Jan

Hermes

Il y a deux ans déjà, la pétition contre « la sexualisation de l’école publique » recueillait près de 92 000 signatures en Suisse alémanique. C’est notamment l’utilisation de pénis en bois et de vagins en peluche qui a été durement mise en cause par de nombreux parents, pédagogues ou simples citoyens. 

Le fameux Plan d’enseignement 21, devant entrer en vigueur dès 2014 outre-Sarine, s’est attiré les foudres d’une large partie de la population, à commencer per les jeunes UDC lucernois (qui sont du reste à l’origine de la pétition).

L’initiative conjointe du Office fédéral de la Santé Publique et du Ministère de l’instruction publique vise ainsi à instaurer des cours obligatoires d’éducation sexuelle, et ce dès le jardin d’enfants.  Pour ce faire, une livraison de « kits de formation » très spéciaux devrait être effectuée auprès des  enseignants de l’école maternelle et de primaire : ce n’est rien de moins que des «Basler Sexboxen» («SexBox») qui doivent être distribuées.

Ces ‘boîtes magiques’ contiennent entre autres des pénis en bois et des vagins en peluche, sans oublier des manuels encourageant les enfants à se toucher et découvrir leur propre corps et celui des autres. Et c’est notamment le livre de bandes dessinées et de vignettes Lisa und Jan qui servira de base pédagogique : parmi la multitude d’images, on retrouve une petite fille en train de se masturber pendant qu’une autre l’observe, un petit garçon en train de se toucher sous les draps et qui éclaire ses parties intimes avec une lampe torche, une femme en train d’enfiler un préservatif à un homme, un enfant en train d’espionner ses parents en plein acte sexuel par la fenêtre (voyez par vous-même)…

La Poste suisse a d’ores et déjà pris position contre la distribution d’un tel matériel, qu’elle juge clairement pornographique.

Pour les plus grands (c’est-à-dire pour les 6-10 ans), il faut aborder les thèmes de la masturbation, des préservatifs, de l’orientation sexuelle, et de la « première masturbation ou éjaculation », tandis que l’on s’attaquera à la contraception, à l’avortement, et aux orientations sexuelles dès 13 ans (ces problématiques ne sont du reste pas sans rappeler celles de la théorie du genre en France).

La loi n’est pas encore entrée en vigueur en Suisse allemande, mais des cours sont déjà dispensés dans plusieurs parties du pays et notamment en Suisse romande.

En se rendant sur le site de l’initiative ministérielle, dans la rubrique « Notions », voici ce que l’on nous enseigne :
«Une éducation sexuelle avec une approche basée sur le droit fournit aux jeunes gens les connaissances essentielles et les aptitudes, les capacités et les valeurs dont ils ont besoin pour vivre pleinement leur sexualité avec le plaisir physique, psychique et émotionnel qui lui est attaché. L’éducation sexuelle devrait aider les jeunes gens à obtenir des informations correctes, à développer des aptitudes face à la vie ainsi que des attitudes et des valeurs positives».

Et l’objectif fixé est le suivant : « L’école vient en appui à la famille pour l’éducation sexuelle des jeunes.
Une de ses tâches principales consiste à donner à tous les enfants et adolescents des informations de base concernant le corps et la sexualité, et à leur transmettre les valeurs et les normes de notre société dans ce domaine central de la vie ».

Une fois de plus, ‘l’école publique’ s'immisce dans l’éducation de l’enfant, en s’octroyant les prérogatives de ses parents, qui plus est pour leur inculquer une vision tout à fait contestable de la sexualité. 

Vous trouverez ici la lettre adressée par la Conférence des évêques suisses aux parents et aux responsables politiques à ce sujet.