Aleteia

Qu’est-ce que la « succession apostolique » ?

© ANDREAS SOLARO / AFP
Partager
Commenter

C’est la chaîne ininterrompue qui relie les évêques aux apôtres - gage de fidélité à travers le temps et d’unité dans le monde.

La génération des apôtres, en elle-même, n’a pas de succession : elle, et elle seule, a vu le Christ ressuscité. « La Révélation est close à la mort du dernier apôtre. »

Parmi ses disciples, Jésus, après une nuit de prière, en a choisi douze, dont les évangiles nous donnent les noms. Judas ayant fait défection, Pierre prend l’initiative de procéder à son remplacement. Il faut trouver quelqu’un qui « nous ait accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean jusqu’au jour où il nous fut enlevé » (Actes des apôtres 1, 21-22). Après tirage au sort, c’est Matthias « qui fut mis au nombre des douze apôtres ».

Quelques années plus tard, Saul bénéficie d’une apparition du Christ ressuscité sur le chemin de Damas : il devient « Paul », l’Apôtre par excellence, surtout auprès des païens. Le cas de Paul est unique : il ne se reproduira pas dans l’histoire.

Il y a donc quelque chose de particulier à cette première génération : ils ont été « témoins oculaires » (Luc 1, 2) ; ils ont « entendu, vu, contemplé, touché » (1 Jean 1, 1). Ce qu’ils avaient à dire, ils l’ont dit. C’est pourquoi « la Révélation est close à la mort du dernier apôtre ». Il n’y a pas d’autre Révélation à attendre, jusqu’à la fin des temps. « En ces jours qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par le Fils » (Hébreux 1, 2).

Là où ils prêchaient l’Evangile, les apôtres ont fondé des Eglises. Ils ont eu le souci de pouvoir à leur avenir en instituant, par la grâce de Dieu, des chefs de communauté. Saint Paul en est témoin.

Les évangiles témoignent de Jésus jusqu’à son Ascension, quarante jours après Pâques. Les autres écrits du Nouveau Testament (Actes des apôtres, épîtres et Apocalypse) témoignent de l’activité des apôtres et des communautés, des « Eglises » qu’ils ont fondées.

Jésus n’a pas été un vagabond, prêchant au hasard. Il a constitué un noyau, les « Douze », à qui il a promis l’envoi de l’Esprit Saint. De même, les apôtres ont eu le souci, dès le début, de ne pas laisser chaque communauté s’en aller à la dérive, chacune suivant son penchant naturel.
Paul repasse dans les communautés qu’il a fondées et leur envoie des lettres, les « épîtres ».

Les épîtres aux Thessaloniciens, le premier écrit du Nouveau Testament, une vingtaine d’années après la Pentecôte, parlent déjà des « Eglises » et de ceux qui sont « à leur tête ». Il met en place des « anciens », comme nous le voyons à Ephèse (Actes 20, 17). La première épître de Pierre adresse des recommandations aux anciens qui ont à « paître le troupeau de Dieu qui leur est confié » (5, 1-2).

Nous connaissons bien deux des collaborateurs de Paul, des convertis du paganisme, Tite et Timothée : il les envoie dans les communautés qu’il a fondées, pour éviter qu’elles ne dérivent. Ils sont destinataires de trois épîtres, avec des conseils pour l’avenir. A Timothée, Paul rappelle le « don spirituel que Dieu a déposé en toi par l’imposition de mes mains ». L’Apocalypse de Jean commence par des lettres aux sept Eglises d’Asie Mineure. Souci de fidélité et de cohérence. Les apôtres ont souci de l’unité de l’Eglise, à travers le temps (« succession apostolique ») et dans l’espace (« communion »).

Il n’est pas question de plaquer sur la primitive Eglise le schéma de fonctionnement actuel mais plusieurs traits doivent être notés : le souci de la continuité, la transmission de la charge par les apôtres, le caractère collectif autant qu’individuel, le titre de « pasteurs », titre qui convient d’abord au Christ et que Jésus avait donné à Pierre.

La succession apostolique concerne, à la fois, le collège apostolique en son ensemble et chaque siège épiscopal en particulier.

Pages : 1 2 3

Partager
Commenter
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]